«Je n'ai tout simplement pas cru qu'ils iraient si loin (...), je ne pensais pas qu'ils pourraient trouver quelque chose capable de m'arrêter», a déclaré DSK, faisant allusion aux hommes du président Nicolas Sarkozy, dans une interview accordée au quotidien britannique le Guardian.
Selon le journal, l'ancien ministre socialiste, dont la carrière politique a été brisée net par l'affaire du Sofitel de New York, «accuse des ennemis liés à Nicolas Sarkozy d'avoir empêché sa candidature».
L'ancien chef du Fonds monétaire international ne croit pas que l'affaire soit un coup monté mais il estime que ses suites ont été «orchestrées par des personnes ayant un agenda politique».
À 62 ans, DSK était en passe de devenir le principal challenger à gauche de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, lorsque les accusations de viol portées par Nafissatou Diallo, une femme de chambre d'un hôtel de Manhattan, ont bouleversé sa vie et conduit à son arrestation à New York le 14 mai 2011.
Il a bénéficié d'un non-lieu au pénal en août 2011 à New York mais l'affaire, qui se poursuit au civil, avait révélé au grand jour une facette obscure de sa personnalité: son rapport aux femmes, à la limite du «harcèlement», selon des témoins.
Selon le journaliste américain Edward Jay Epstein, qui a réalisé l'interview pour le Guardian, DSK «était devenu la principale "cible" des services français en février ou en mars 2011».
En déplacement à Clermont-Ferrand, le chef de l'État a réfuté ces accusations et a demandé à DSK de se taire. «Trop, c'est trop ! Je dis à M. Strauss-Kahn "expliquez-vous avec la justice et épargnez aux français vos commentaires"», a lancé M. Sarkozy.
Le président sortant a ensuite été mis en cause dans un autre dossier: le financement de la campagne de 2007 qui l'avait mené au sommet de l'État.
Le site d'information et d'enquête Mediapart a publié un document, attribué à Moussa Koussa, ancien chef du renseignement libyen, faisant état en 2006 d'un «accord de principe» de Tripoli pour financer à hauteur de 50 millions d'euros la campagne de Nicolas Sarkozy. Mediapart ne dit pas que le financement a effectivement eu lieu, mais la gauche demande à M. Sarkozy de «s'expliquer».
Mi-mars, M. Sarkozy avait qualifié de «grotesque» un éventuel financement de sa campagne par Kadhafi.
Ces polémiques interviennent alors que le socialiste François Hollande se montre chaque jour plus confiant dans la victoire.
Le candidat de la gauche a attaqué le chef de l'État, dénonçant son attitude «déplorable», ainsi que celle de son camp à l'approche du vote. «Avant le premier tour, déjà, il y avait eu des polémiques, des attaques, du dénigrement. Mais le résultat de dimanche dernier ajoute encore à l'affolement. Quel festival, quel bouquet !», dit-il dans une interview au journal Le Parisien.
«Je serais ainsi le candidat des mosquées (...), j'aurais tout connu des comportements de Dominique Strauss-Kahn, je voudrais régulariser tous les sans-papiers», énumère-t-il. «Heureusement que Ben Laden est mort ! Peut-être aurait-il aussi donné des consignes?», ironise M. Hollande, arrivé au premier tour avec 28,63% des suffrages devant Nicolas Sarkozy (27,18%) qui doit attirer les électeurs de Marine Le Pen (Front national, extrême droite, 17,90%) pour espérer l'emporter.
Depuis lundi, le président joue son va-tout en reprenant à son compte des propositions de Mme Le Pen. Cette posture très à droite ne semble guère productive, si l'on en croit les derniers sondages qui montrent une grande stabilité, M. Sarkozy étant toujours donné nettement battu en n'obtenant que 45 à 46% des intentions de vote.