Une chronique de François Bugingo
Agence QMI

Cet inconnu que les Français pourraient élire

Notre envoyé spécial en France - Cet inconnu que les Français pourraient élire

François Bugingo©Courtoisie


Une chronique de François Bugingo

Dernière mise à jour: 25-04-2012 | 20h20

 PARIS - Plus de 300 journalistes, dont de nombreux étrangers, ont accouru mercredi à la première conférence de presse de François Hollande, le candidat du Parti socialiste, celui que les sondages annoncent vainqueur des présidentielles françaises. Nous y étions.

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Par deux fois, le taxi qui m'amenait à la conférence de presse a frôlé l'accident. Tout à son idée de me crier sa détestation de Nicolas Sarkozy, le chauffeur en oubliait de surveiller la route. Et François Hollande son adversaire, vous connaissez ? «Non, mais j'haïs l'autre et cela me suffit amplement pour voter Hollande.»

Le second tour des présidentielles françaises risque donc de ressembler à un référendum anti-Sarkozy plutôt qu'à un vote pour la gauche socialiste. En vérité, dans la rue, ils sont nombreux les Français qui avouent peu ou ne rien connaître sur l'homme Hollande.

Même les journalistes politiques sont mystifiés par cet homme à l'allure présidentiable qui pourrait être sacré le 6 mai prochain. Christophe Barbier, le patron de la rédaction de l'hebdomadaire L'Express avoue : «On connaît le François Hollande qui n'existe plus. On connaît celui qui a dirigé le parti socialiste pendant 10 ans. Il était presque notre camarade de jeu puisqu'il commentait souvent la politique avec nous. Il était drôle, intelligent, accessible.»

Ce François Hollande a en effet disparu admet Ira Feloukatzi, une journaliste grecque basée à Paris depuis 1966 : «L'homme qu'on connaissait trop conciliant a été remplacé par un décideur aguerri. Regardez comme il ne lâche rien face à Sarkozy, même sur l'idée de tenir trois débats plutôt qu'un.»

La métamorphose se serait produite entre fin 2008 quand il quitta la tête du Parti socialiste et fin mars 2011 quand il annonce sa candidature aux primaires de son parti. «Quand il réapparaît, raconte encore Christophe Barbier, il est amaigri, resserré sur lui, grave, solennel moins complice avec les médias. Concentré comme un joueur de boxe qui se prépare à une rude bataille.»

La droite qui avait anticipé de faire face à DSK a oublié de surveiller Hollande qui s'impose comme le candidat de la gauche. «Ils avaient des dossiers contre DSK, rien sur Hollande, ni en privé, ni en politique. D'où cette campagne sans bombes puantes lancées contre lui !»

Dans l'Europe qui vire à droite depuis la crise de 2008 (Grande-Bretagne, Espagne, Portugal, etc.), François Hollande fait figure d'une exception qui a d'abord inquiété (en Allemagne, Angela Merkel ira même jusqu'à dire soutenir Sarkozy) avant que les leaders se fassent à l'idée qu'ils devront discuter avec ce candidat qui promet de «renégocier le traité européen signé par le président sortant».

Dans la politique, c'est vrai, mais dans le style aussi, Hollande veut rompre avec les méthodes Sarkozy : «L'économie de parole et de comportement deviendront la règle». Comme s'il se plaisait à l'idée d'en révéler encore moins aux Français dont il sait combien ils détestent le style du président Sarkozy. Après tout, «sortir le sortant» est devenu la tendance dans plusieurs démocraties occidentales en difficulté économique.

En France, on voudra peut-être voter pour quelqu'un dont on se demande encore : «C'est qui lui ?»


Une question sur le Québec

Durant la conférence de presse, notre envoyé spécial a fait parler François Hollande sur Québec.

- François Bugingo, Agence QMI

Nous connaissons Nicolas Sarkozy comme le plus américanophile des présidents français. Quelle est la relation que vous souhaitez entretenir avec notre continent, avec Washington notamment? À Ottawa, nous avons un gouvernement qui prône beaucoup plus d'interventionnisme, notamment dans le conflit syrien et peut-être même pour frapper l'Iran, advenant que ce pays cesse de collaborer avec l'AIEA. Quelle serait votre position sur ces deux sujets ?

- François Hollande

Avec l'ensemble du continent américain, nous avons des liens historiques ; et avec vous aussi, linguistiques, économiques, culturels. La France, après le mois de mai, sera en confiance avec la direction actuelle des États-Unis qui, sur un bon nombre de dossiers, ont plutôt pris des positions qui nous paraissent utiles. De la même manière, même si nous pouvons avoir avec les États-Unis quelques différences d'approche sur l'Otan et sur l'Afghanistan, nous avons conscience que nous sommes des alliés et donc des partenaires. Enfin, dans les positions que prend aujourd'hui Obama, il y a sur le plan économique beaucoup de similitudes, à la fois par rapport à l'emploi et par rapport à la réciprocité, notamment dans la relation avec la Chine.

Et sur la question des sujets les plus brûlants de l'actualité, vous évoquez l'Iran et le Proche-Orient, nous devrons agir ensemble, France, Europe, États-Unis.

Sur le Canada et la question du Québec, vous auriez pu m'en parler, généralement il y a toujours une incidente. Vous connaissez votre position, elle ne changera pas. Nous avons une amitié et un cousinage.

 

 

 



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