Crimes contre l'humanité, 300 morts à Homs

Syrie

Plus de 300 morts ont été signalées dans la ville depuis le début de cette attaque il y a dix jours. © AFP PHOTO / YOUTUBE

NEW YORK - La Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay a estimé lundi que les forces syriennes avaient «vraisemblablement» commis des crimes contre l'humanité dans leur campagne de répression et a fait état de bombardements aveugles à Homs.

«La nature et l'étendue des exactions perpétrées par les forces syriennes indiquent que des crimes contre l'humanité ont vraisemblablement été commis depuis mars 2011», a déclaré Mme Pillay devant l'Assemblée générale de l'ONU.

«Des informations indépendantes, crédibles et corroborées indiquent que ces exactions font partie d'une campagne large et systématique d'agression contre les civils», a-t-elle ajouté, estimant qu'elles étaient perpétrées avec «l'aval ou la complicité des autorités au plus haut niveau».

«Les violations flagrantes et systématiques des droits de l'homme (en Syrie) ont non seulement continué, mais nettement augmenté» depuis le début de l'année, a souligné Mme Pillay.

Elle s'est déclarée «particulièrement consternée» par les violences à Homs (centre de la Syrie). Citant des «informations crédibles», elle a estimé que plus de 300 personnes sont mortes dans cette ville au cours de bombardements aveugles de zones résidentielles.

«Selon des informations crédibles, l'armée syrienne a bombardé des quartiers de Homs densément peuplés lors de ce qui apparaît comme une attaque sans discernement contre des zones civiles», a-t-elle expliqué. «Plus de 300 morts ont été signalées dans la ville depuis le début de cette attaque il y a dix jours, la majorité victimes du bombardement».

«La communauté internationale doit s'assurer que ces crimes sont sanctionnés», a martelé Mme Pillay, rappelant qu'elle avait «encouragé le Conseil de sécurité à saisir la Cour internationale de Justice».

Tout en réaffirmant que l'ONU était désormais incapable de fournir un bilan précis des victimes faute de pouvoir recueillir sur place des informations fiables, elle a estimé le nombre de morts à «beaucoup plus de 5400», le dernier bilan donné par l'ONU, et a estimé que «les forces de sécurité ont tué plus de 400 enfants».

«Des dizaines de milliers de personnes, dont des enfants, ont été arrêtées, dont plus de 18 000 sont toujours détenues arbitrairement», a encore indiqué Mme Pillay. Elle a fait état de «nombreuses informations» sur des cas de viols en détention, «essentiellement commis sur des hommes et des garçons».

Avec cette répression accrue, «le risque d'une crise humanitaire dans l'ensemble de la Syrie augmente» ainsi que la menace d'une guerre civile, a conclu la Haut Commissaire.


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