BRUXELLES - L'opposant Etienne Tshisekedi, qui s'est autoproclamé président élu de la République démocratique du Congo (RDC), a lancé vendredi un appel à la grève générale dans son pays lundi «et jusqu'à nouvel ordre» dans une déclaration à l'AFP.
«Lundi 30 janvier, il faut qu'il y ait une grève générale sur l'ensemble du territoire national et jusqu'à nouvel ordre», a déclaré par téléphone depuis Kinshasa M. Tshisekedi, qui a rejeté les résultats de l'élection présidentielle du 28 novembre 2011 qui le classait deuxième derrière le chef de l'État sortant et officiellement réélu Joseph Kabila.
Jeudi, la police avait empêché M. Tshisekedi, 79 ans, de quitter les abords de sa résidence dans la capitale congolaise et dispersé ses partisans venus peu nombreux pour «l'accompagner» jusqu'au palais présidentiel.
«J'ai tenté de sortir de chez moi pour me diriger vers le palais de la Nation où je devais prendre mes fonctions de président de la République démocratique du Congo. A peine avais-je quitté ma maison que j'ai été arrêté à un barrage», a expliqué vendredi l'opposant.
«Des "mercenaires" se sont montrés extrêmement méchants à mon égard, ils ont tiré même à balles réelles sur ma voiture. J'ai été obligé de rentrer chez moi. Je crois que trop c'est trop», a-t-il affirmé.
Son entourage estime que l'opposant est en «résidence surveillée de fait», après avoir été empêché plusieurs fois par la police de sortir de chez lui, notamment lorsqu'il voulait aller «prêter serment» dans un grand stade de la capitale.
Le président élu est traqué
Comme il l'avait déjà fait mi-décembre, le leader de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a de nouveau appelé à capturer Joseph Kabila.
Il a enfin menacé de considérer comme «venant d'un pays ennemi du peuple congolais» tout diplomate qui «irait présenter ses vœux de nouvel an» au président Kabila.
M. Tshisekedi a toujours dénoncé de nombreuses irrégularités lors de la présidentielle et des législatives -les deux étaient couplés-, et des missions d'observations nationales et internationales de même que l'Église catholique congolaise les ont également constatées.
Il avait boycotté les élections de 2006 et a considéré comme «nulles» les législatives de novembre, où plus d'une trentaine de députés UDPS ont pourtant été élus, devenant la première force d'opposition, selon des résultats partiels.
Mi-décembre, il avait affirmé que le gouvernement était «démis», avant d'enjoindre soldats, policiers et fonctionnaires de «n'obéir qu'à (son) autorité légitime».
Le camp Kabila avait alors évoqué une «énième vaste blague» d'un opposant «fatigué politiquement», «mauvais perdant», qui «ne peut plus mobiliser la population».
M. Tshisekedi a récemment annoncé qu'il formerait cette semaine son «gouvernement».