Obama dit non à l'oléoduc de TransCanada


Bryn Weese

Dernière mise à jour: 18-01-2012 | 20h46

WASHINGTON, D.C. - Le président américain Barack Obama a rejeté mercredi après-midi la demande de TransCanada concernant l'oléoduc Keystone XL.

Le président Obama a expliqué qu'il avait pris cette décision parce que la date butoir du 21 février 2012, imposée par les législateurs républicains au Congrès, ne laisse pas suffisamment de temps pour réaliser l'examen environnemental de l'itinéraire proposé.

Les sondages indiquent que 60 % des Américains sont pour la construction de l'oléoduc. Plusieurs syndicats, qui sont des soutiens importants pour les démocrates, soutiennent aussi le projet, en raison des dizaines de milliers d'emplois que l'oléoduc permettrait de créer.

Le président Obama a téléphoné au premier ministre Stephen Harper, mercredi, pour lui annoncer la nouvelle. Selon le bureau du premier ministre, Stephen Harper aurait exprimé « sa profonde déception ».

Le ministre des Ressources naturelles du Canada, Joe Oliver, s'est aussi dit déçu de l'annonce. « Ce projet aurait créé des milliers d'emplois aux États-Unis et au Canada et aurait contribué à la sécurité énergétique », a-t-il dit.

Tout en disant respecter le processus décisionnel, le ministre Oliver n'a pas caché que le Canada chercherait d'autres marchés d'exportation.

« La décision prise aujourd'hui souligne l'importance de diversifier et d'étendre nos marchés, y compris vers le marché asiatique en pleine expansion, pour aider à assurer la sécurité financière des Canadiens. »

Le ministre Oliver s'est toutefois dit heureux d'apprendre que la porte restait ouverte et que la décision du président Obama ne remettait pas en cause le bien-fondé économique du projet.

Les républicains soutiennent le projet de 7 milliards $, qui consiste à transporter le pétrole brut des sables bitumineux depuis l'Alberta jusqu'à des raffineries situées le long du golfe du Mexique.

Ils ont utilisé une disposition dans un projet de loi taxant la masse salariale adopté l'an dernier, pour forcer le président Obama à se prononcer sur le projet Keystone XL d'ici à la fin du mois de février.

La Maison-Blanche a déclaré à plusieurs reprises qu'un nouvel examen du projet ne pouvait pas être complété avant cette date-butoir imposée par les républicains et que le projet pourrait donc être rejeté.

TransCanada et les législateurs du Nebraska ont déjà convenu d'une nouvelle route pour l'oléoduc, de façon à contourner une importante nappe phréatique.

Les détracteurs du président Obama disent que ce dernier s'oppose au projet pour des raisons politiques et non pas pour des raisons environnementales.

Les partisans du projet avancent que l'oléoduc créerait 20 000 emplois directs et des centaines de milliers d'emplois indirects, une fois en activité. Ils estiment également que cela injecterait 775 milliards $ dans l'économie américaine.

Les républicains au Congrès se sont préparés à la décision du président Obama. Un sénateur du Dakota du Nord a récemment rédigé un projet de loi qui retirerait le pouvoir décisionnel du président Obama en la matière et laisserait au Congrès le soin de prendre une décision sur le projet Keystone XL.

Le sénateur estime qu'il revient au Congrès, et non au président, de réglementer le commerce avec les nations étrangères en vertu de la Constitution.

Certains groupes environnementaux aux États-Unis ont exhorté le président Obama à rejeter le projet, qualifiant les sables bitumineux de pétrole « sale ».


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