LONDRES - Les royaumes du Commonwealth débattront à leur prochaine réunion en octobre d'un changement des règles de succession au trône, ce qui permettrait notamment à une fille aînée d'accéder au trône même si elle a un jeune frère, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui au Royaume-Uni.
Tout changement de ces règles historiques requiert l'assentiment des 15 autres membres du Commonwealth dont la reine d'Angleterre est le chef d'État. Le Premier ministre leur a donc écrit afin d'inscrire le sujet à l'ordre du jour du prochain sommet du Commonwealth en Australie, du 28 au 30 octobre, a indiqué mercredi Downing Street.
Le débat sur ces règles, jugées par beaucoup discriminatoires et archaïques, a rebondi avec le mariage en avril du prince William, deuxième dans l'ordre de succession, avec Kate Middleton. Si le jeune couple donnait naissance à une fille aînée, en application de la loi actuelle celle-ci serait écartée du trône en cas de naissance d'un plus jeune frère.
Le député travailliste Keith Vaz a incité mercredi le Premier ministre à agir vite, lui demandant devant la chambre des Communes s'il «ne pensait pas qu'il valait mieux résoudre le problème avant, plutôt qu'après qu'un enfant royal soit né?»
David Cameron a défendu les modifications proposées en jugeant que la primauté masculine était une «anomalie», quand «nous avons adopté l'égalité des sexes dans tous les autres aspects de la vie».
Le Premier ministre propose aussi de revoir la règle qui interdit aux héritiers ayant épousé un ou une catholique d'accéder au trône.
Il souhaite également amender la règle qui veut que depuis le XVIIIe siècle, à la suite d'une décision du roi George II, tous les descendants de sa majesté lui demandent son autorisation avant de se marier. M. Cameron propose de limiter l'autorisation royale aux six premiers dans l'ordre de succession.
La reine Elizabeth II ouvre traditionnellement le sommet du Commonwealth, et sera présente en Australie. Mais selon un porte-parole du palais, il s'agit d'«une question relevant du gouvernement, en concertation avec les États du Commonwealth dont elle est la souveraine».