Six ans après la mort et les obsèques de Karol Wojtyla, qui avaient fait affluer à Rome des millions de personnes, son successeur Benoît XVI doit le décréter bienheureux, à l'issue d'un procès instruit en un délai record de cinq ans et sept mois.
Beaucoup de catholiques qui avaient crié en 2005 place Saint-Pierre «santo subito» («saint tout de suite») voudraient que la canonisation --la proclamation de la sainteté-- suive rapidement. Il faudrait pour cela l'attestation d'un nouveau miracle.
Dès 05H30 locales, l'accès à la place sera ouvert aux fidèles. Mais beaucoup n'y trouveront pas place et devront suivre la cérémonie de béatification de plus loin, ou encore sur des écrans géants en ville.
Au début de cette messe solennelle qui débutera à 10H00 et devrait durer plus de deux heures, Benoît XVI prononcera la béatification.
Une tapisserie reproduisant le visage du pape polonais sera dévoilée sur la basilique et un reliquaire contenant une petite éprouvette de verre avec un peu de son sang sera présenté à la vénération des fidèles.
Le Vatican a annoncé que Benoît XVI avait souhaité une célébration «très simple».
Le cercueil de Jean Paul II, sorti vendredi des Grottes vaticanes, aura été installé dimanche matin au coeur de la basilique, devant l'autel principal.
Le pape, les prélats, les délégations officielles, le clergé et enfin la foule des fidèles pourront défiler devant ce cercueil de bois fermé. Le défilé devrait s'étirer jusqu'à la nuit. Le cercueil sera placé ensuite sous l'autel de Saint-Sébastien, à l'intérieur de la basilique.
Après la messe, le pape saluera brièvement les chefs d’Etat, dont le controversé président zimbabwéen Robert Mugabe.
Les principaux contingents de pélerins doivent venir de Pologne, d'Espagne et de France, qui est représentée par le Premier ministre François Fillon.
La béatification a été précédée, pour ceux qui le veulent, par «une nuit blanche de prière» dans diverses églises romaines, après une veillée d'hommage à Karol Wojtyla au Cirque Maxime.