Javier TOVAR
AFP

«J'ai peur de retourner à l'école»

Fusillade - «J'ai peur de retourner à l'école»

Un homme a ouvert le feu jeudi dans une école de la zone ouest de Rio, une fusillade qui a fait un total de 11 morts, dont le tireur, et 18 blessés.©AFP/ SERGIO OLIVEIRA


Javier TOVAR

RIO DE JANEIRO - Pamela, 13 ans, ne veut plus retourner dans son école Tasso da Silveira de la banlieue de Rio, après avoir perdu jeudi son amie Larissa et neuf autres camarades dans la première fusillade de ce genre au Brésil.

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«J'ai peur de retourner à l'école», lance à l'AFP Pamela Cristina Ferreira qui vit dans ce quartier de Realengo, dans la zone ouest de Rio.

«Et moi je ne veux plus qu'elle y aille; je vais lui chercher une autre école», ajoute sa mère, Simone Ferreira 38 ans.

Pamela est sortie indemne de la tuerie dans laquelle 18 personnes ont également été blessées, certaines grièvement, touchées à la tête.

«J'ai entendu les coups de feu mais je n'ai rien vu. J'étais au troisième étage et une camarade nous a dit en criant d'aller à l'auditrorium» qui se trouve au quatrième, raconte nerveusement la fillette.

«Nous avons bloqué les portes de l'auditorium, comme nous le disaient les professeurs. Nous étions complètement paniqués mais on s'est tenus tranquilles jusqu'à l'arrivée de la police», raconte-t-elle.

À l'hôpital Albert Schweitzer, placé sous forte protection policière, sont massées les familles des victimes. C'est là que Pamela a reçu la terrible nouvelle de la mort de sa camarade de classe Larissa.

«Elle est morte dans la salle d'opération», précise un homme qui accompagne Pamela.

Non loin de là, une femme inconsolable ne cesse de répéter «ma fille n'est plus de ce monde» sans pouvoir en dire plus.

«C'est incroyable», «je ne peux pas y croire», «rien de tel ne s'est jamais passé ici», commentaient les habitants de Realengo dont beaucoup ont aidé à transporter les victimes à l'hôpital.

«Je vis à cinq minutes de l'école. Elle (une des blessées) est arrivée chez moi avec une balle dans le dos. En la voyant je l'ai immédiatement conduite à l'hôpital», raconte José Marques, 28 ans. Il se réjouit que Renata, 13 ans, «se porte bien maintenant» d'après ce que lui ont dit ses parents.

En face de l'école municipale, il y a des traces de sang sur les murs de la maison de Elizer, un employé des postes de 50 ans. Celui d'enfants qui ont sauté le mur pour se réfugier chez lui. Ils ont été transportés à l'hôpital.

Plus loin, Jorge raconte les moments de terreur qu'il a vécus.

«Ma femme m'a appelé désespérée pour que je vienne. Notre fille de 11 ans était dans l'école. J'ai eu très peur mais elle va bien».

De nombreux parents se demandent comment le tueur, un ancien élève de l'école, a réussi à entrer dans l'établissement.

«Comment est-il entré s'il y a deux postes de contrôle?», s'interroge le père d'un élève.

Selon des employés de l'école, il a déclaré qu'il avait été appelé pour participer à une conférence avec les élèves, a rapporté un porte-parole des pompiers, citant leurs témoignages.

En Amérique latine, seule l'Argentine avait connu un drame similaire, le 28 septembre 2004. Un élève de 15 ans avait tué trois de ses camarades de classe et en avait blessé cinq autres avec une arme de guerre dans la ville de Carmen de Patagones (30 000 habitants), à 920 km au sud de Buenos Aires.

«En réalité je n'ai jamais pensé que cela pourrait arriver ici. Je n'avais vu ça qu'aux États-Unis et maintenant...?», s'interroge Jorge.



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