La garde nationale du Venezuela a pris possession jeudi d'une propriété de Guillermo Zuloaga, le président de la chaîne de télévision Globovision, très critique à l'encontre du pouvoir, qui est actuellement inculpé de spéculation, a annoncé une avocate du média.
«Ils disent qu'ils sont en train de procéder à une redistribution de terres, qu'ils reprennent certaines terres» présumées en friche, a déclaré Me Perla Jaimes par téléphone à Globovision.
Depuis l'arrivée au pouvoir du président socialiste Hugo Chavez en 1999, l'Etat vénézuélien s'est lancé dans une politique de récupération de terres cultivables en friche afin de mettre fin à la dépendance de ce pays, qui importe la majorité de ses produits agricoles.
Pourtant, «ce n'est pas une propriété abandonnée, c'est une propriété privée» et «nous avons un document émanant d'un organisme de l'État qui confirme que ce bien appartient à la famille Zuloaga», a ajouté l'avocate.
Selon elle, cette mesure «s'inscrit dans une nouvelle offensive contre le président de Globovision et fait partie des actions légales entreprises» contre l'entrepreneur, actuellement à l'extérieur du pays.
Zuloaga, qui est également concessionnaire automobile, et son fils, sont accusés d'avoir stocké 24 véhicules pour les revendre à un prix supérieur. Un mandat d'arrêt a été émis contre eux pour des délits passibles de un à cinq ans de prison.
Zuloaga dénonce une «persécution politique», ce que rejette M. Chavez, qui assure que les poursuites contre lui n'ont rien à voir avec la ligne éditoriale de Globovision.
La chaîne est aussi sous le coup de plusieurs procédures judiciaires et a été menacée à plusieurs reprises de fermeture par le chef de l'État, qui a qualifié ses programmes de «terrorisme médiatique».
La semaine dernière, M. Chavez a en outre annoncé que son gouvernement allait devenir le premier actionnaire de la chaîne privée, en récupérant les actions de deux directeurs qui lui permettront de contrôler 45,8% du capital.
Globovision a manifesté son refus de l'opération.