Le chanteur québécois d'origine haïtienne Luck Mervil part en mission dans son pays natal. Il veut vivre avec les siens dans les camps de réfugiés et mettra en branle son projet de construction d'un village pour 5 000 personnes.
«C'est sûr que je vais aller sur le terrain. Réellement sur le terrain. Je ne m'en vais pas là pour rester dans les hôtels, je m'en vais là pour rester avec les gens, dans les tentes et comprendre ce qu'ils vivent. Je m'en vais avec eux, vivre leur vie. C'est ça l'idée, je veux voir leur réalité», a-t-il confié au Journal ,quelques jours avant le grand départ de sa mission de deux semaines.
Luck Mervil débarquera à Port-au-Prince pour la toute première fois depuis le tremblement de terre destructeur du 12 janvier, qui a fait plus de 250 000 morts. «J'ai eu plusieurs chances d'aller en Haïti depuis le 12, et j'ai toujours dit non. Parce qu'il y avait des gens qui étaient plus importants que moi là-bas : des infirmiers, des médecins, des secouristes et des spécialistes. On a travaillé fort pour envoyer ces gens-là.
«Moi, c'est ici ma base (au Québec), c'est ici que les gens me font confiance et que je pouvais faire le plus de travail. C'était mon but, dès le séisme, d'amasser le plus d'argent possible pour sauver le plus de vies possible», a expliqué le parrain du CECI (Centre d'étude et de coopération internationale), qui dévoilera, en conférence de presse aujourd'hui, un bilan des actions du Centre. Le CECI a amassé plus de 11 millions en dons et en biens matériels.
Le chanteur, très engagé dans sa communauté et dans des projets humanitaires à l'étranger depuis plusieurs années, s'attend à avoir un choc émotif en Haïti.«Ce n'est pas la première fois que je vais dans un lieu où il y a cette désolation et cette misère. Mais je parle la langue (le créole) et je comprends les gens. Effectivement, je m'attends à être frappé très durement, mais il faut mettre ça de côté pour arriver à faire le travail.» L'artiste ne manquera pas l'occasion de chanter avec le peuple. «Ça, c'est sûr! Moi, j'amène ma guitare.»
Village de conteneurs
Mervil en profitera également pour faire avancer son projet de village «ultra moderne» et auto-suffisant sur le plan de l'énergie solaire, en périphérie de Port-au-Prince. Il a déjà signé une entente de partenariat avec le maire de Port-au-Prince, qui lui a offert des terrains pour réaliser le projet.
«C'est une idée à moi...Village pour le monde, c'est un nouvel organisme», a-t-il expliqué, évoquant des maisons construites à base de conteneurs. «Si tous les containers arrivés en Haïti étaient pleins, qu'on les vidait et qu'on les gardait, on aurait déjà une bonne partie de la population qui serait logée de façon permanente. Un container, c'est antisismique et anticyclonique. Allez voir sur Internet un container house, vous voudriez vivre dedans, ce n'est pas ce qu'on pense.»