Une cinquantaine de Montréalais prendront la route de Washington afin d'être présents à l'assermentation du premier président noir des États-Unis, Barack Obama, le 20 janvier.
Ils quitteront donc la métropole dans l'après-midi du lundi 19 janvier pour un voyage de 12 heures d'affilée en autocar, en route vers leur destination.
Au diable travail et autres obligations, tous prendront congé pour vivre ce moment historique au parc National Mall, en plein coeur de la capitale américaine, où sont attendues des centaines de milliers de personnes.
Le rêve américain
Régis Kargougou, un Montréalais d'origine africaine de 26 ans, a assuré qu'il ne manquerait pareille occasion pour rien au monde lorsqu'il a été croisé par le Journal, hier après-midi, à l'agence Vasco du Plateau Mont- Royal, qui organise ce voyage.
«Le rêve américain est bien réel: il est possible d'être Noir et d'être président aux États-Unis», s'est exclamé M. Kargougou, qui n'a pas hésité une seconde à réserver sa place dans l'autocar quand il a appris l'existence du forfait, il y a quelques jours.
L'élection de Barack Obama a transcendé la barrière des couleurs, selon la propriétaire de l'agence, Micheline Belemviré, qui a eu l'idée d'organiser le périple en visionnant «l'inspirant discours de victoire» de Barack Obama, en novembre dernier.
D'ailleurs, des voyageurs montréalais de toutes les origines ethniques se sont montrés intéressés par son «forfait assermentation», bien qu'il reste tout de même quelques places disponibles, a-t-elle dit.
Toutes les origines
«Oui, il y a des Noirs mais il y a aussi des Québécois de souche et des membres d'autres cultures qui seront du voyage», a-t-elle dit.
Giovanni Testa, Montréalais d'origine italienne, sera en effet du voyage.
«Je n'étais pas né lors de l'assermentation du président Kennedy, a dit M. Testa, 30 ans. Donc, je ne pouvais manquer celle de Barack Obama.»
Huu Tien Nguyen, Vietnamien d'origine, sera aussi de la partie.
«Obama a beaucoup axé son message sur le changement. Je veux voir ce changement survenir de mes yeux», a-t-il dit.
Même la propriétaire de l'agence Vasco du Plateau s'est réservé une place à bord de l'autocar et prendra congé du travail le 19 janvier.
«Je ne raterai pas ça pour rien au monde, c'est un moment historique. Je veux pouvoir le raconter à mes enfants un jour», a dit celle qui est née sous le soleil du Burkina Faso, en Afrique, il y a 28 ans.