Un pays impie?

Le Québec vu d'ailleurs - Un pays impie?

Marc-Olivier Bherer

Dernière mise à jour: 19-12-2008 | 12h02

Le Québec baignerait dans un relativisme hostile à la religion, à en croire certains. Ce n’est pas si sûr.

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Mais que fait le cardinal Ouellet? Fidèle pourfendeur de la dictature du relativisme, il est resté muet à propos du «sapin des fêtes» dressé devant l’Assemblée nationale à Québec. Jean Charest avait ordonné que l’arbre soit désigné ainsi pour se montrer plus inclusif, mais il a rapidement fait machine arrière. Il est revenu au terme plus orthodoxe de «sapin de noël». Marc Ouellet a eu raison de se taire, le premier ministre préférant tuer dans l’œuf le risque d’une nouvelle controverse sur les accomodements raisonnables.

Naomi Lakritz du Calgary Herald, qui écrivait son papier avant que Charest n’ait finalement choisi d’illuminer Québec d’un sapin de noël, y voit un nouvel accès de «rectitude politique omniprésente en cette saison des fêtes et aussi traditionnelle que les gâteaux de noël aux fruits confits. Heureusement, comme pour le pavé aux fruits, peu de gens l’apprécient, ce qui est une bonne chose pour la survie de noël.»

Noël risque-t-il de disparaître? En tout cas, les accomodements raisonnables ont bien disparu du débat politique québécois. Même si «Jonathan Gagné, un courageux adolescent de l’école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc à Granby vient d’être suspendu, et pourrait bientôt être renvoyé, parce qu’il refuse de participer au cours d’éthique et de culture religieuse. Il est aujourd’hui un héros pour des milliers de Québécois, généralement catholiques, en colère qui considèrent ce cours obligatoire comme une violation de leurs libertés fondamentales», rapporte Barbara Kay, du National Post.

Ce cours obligatoire remplace depuis septembre les cours de morale ou de cathéchèse. Il vise à ouvrir les élèves québécois à différentes religions. «Ce cours paraît innocent et multiculturel. Mais son programme subliminal est pernicieux: court-circuiter le développement spirituel pour assurer la loyauté des enfants à la religion d’État québécoise, une idéologie de gauche adorant l’État et opposée à la notion d’héritage», affirme Barbara Kay.

Mais cette vision du Québec laïcisé est-elle exacte? La croissance des églises évangéliques n’est nulle part au Canada aussi rapide que dans la Belle province. La sécularisation du Québe n’est peut-être pas profonde qu’on l’affirme.

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