À moins d'une catastrophe, les Américains éliront le premier président noir le 4 novembre.
Maintenant que le scrutin canadien est passé, les yeux de tous se tournent vers les États-Unis où se jouera une tranche d'histoire le 4 novembre. Car à moins d'un cataclysme, Barack Obama pourra choisir la couleur des rideaux de la Maison-Blanche américaine, estiment les experts.
«À moins que survienne un événement international qui mettrait en danger la sécurité nationale et qui entacherait sa crédibilité, Barack Obama va gagner. Il mène la course depuis le début de l'été», souligne Élisabeth Vallet, de l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM.
«John McCain est reconnu pour être un maverick. Il a l'énergie du désespoir. Il va essayer de retourner la tendance en prenant des risques, mais il est trop tard», ajoute Mme Vallet, qui vient de publier le livreLe duel : les dessous de l'élection présidentielle aux États-Unis.
Le site realclearpolitics.com,qui répertorie
tous les sondages nationaux depuis le début de la campagne présidentielle, place en effet Barack Obama en très bonne posture avec une avance moyenne de 7 à 8 points sur son adversaire républicain.
Pas la faute à Palin
Est-ce l'erreur de M. McCain aura été de choisir Sarah Palin comme colistière ? Non, répond sans hésitation Jean-François Lisée, du Centre d'études et de recherches inter nationales de l'Université de Montréal.
«Son travail était d'énergiser la base religieuse et rurale du parti qui désertait McCain et elle l'a fait. [...] Le reste du travail, c'est John McCain qui devait le faire. C'était à lui d'aller chercher les votes des indépendants et des centristes. [...] S'il avait choisi quelqu'un de moins visible, il serait en difficulté depuis la convention. Elle lui a donné un mois d'énergie», analyse le chercheur.
«Sa campagne n'allait pas fort quand il a nommé Palin pour reconquérir sa base. [...] Il a perdu sa campagne quand la crise économique est devenu l'enjeu le plus important. Ça a été le point tournant», reprend Élisabeth Vallet.
Effet Bradley ?
Malgré les sondages favorables, elle se demande cependant si certains électeurs vont refuser de voter Obama à cause de la couleur de sa peau.
Ce phénomène s'appelle «l'effet Bradley» en référence à l'ancien candidat au poste de gouverneur de la Californie qui menait largement dans les sondages, mais qui a perdu ses élections en 1982.
«Certains disent que la population américaine a bien changé depuis, mais je ne suis pas convaincue. Il y a encore des suprémacistes blancs et le facteur racial pourrait jouer dans les États pivots comme la Floride», signale Mme Vallet.
L'experte explique que les hispaniques -- la minorité la plus importante aux États- Unis -- ne sont pas nécessairement de grands fans des Afro-Américains et des démocrates.