
Débâcle immobilière, panique boursière, intervention in extremis… Nous vivons la plus grave crise financière depuis 1929. Courrier International traite cette semaine en une la dérive du système bancaire.
«À Wall Street, les paris vont bon train sur la prochaine firme qui mordra la poussière. Mais personne ne propose la seule solution durable à la crise bancaire: une réglementation du secteur. La Réserve fédérale américaine (Fed) a eu raison de laisser couler Lehman Brothers, le dimanche 14 septembre. Elle a eu tort de renflouer Bear Stearns en mars dernier pour 30 milliards de dollars, ce qui a facilité son acquisition par JP Morgan Chase. Ce n’est pas à la Fed ni au gouvernement de soutenir la spéculation bancaire. Mais il "devrait" être du devoir du gouvernement de stabiliser le système financier, et la question est de savoir comment. Hélas, ni la Fed, ni le gouvernement, ni les candidats à la présidentielle n’en ont la moindre idée», redoute Alternet dans un article repris par Courrier International
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Mais si personne n’a pour le moment trouvé la recette magique pour remettre d’aplomb la finance mondiale, personne non plus n’a encore été arrêtée ou désignée responsable du désastre, s’indigne Nick Lesson, le trader britannique condamné pour une fraude qui a fait coulé la banque Barings en 1995. Il écrit ainsi dans un article publié par The Guardian «L’origine de ces problèmes remonte à plus de dix ans, et la crise des subprimes il y a 18 mois est venue les exacerber. À l’échelle tant microéconomique que macroéconomique, le crédit est devenu bien trop facile d’accès, entreprises et particuliers augmentant leur exposition au risque à un rythme record, jusqu’à des niveaux records.Qui sont les responsables? Ces banquiers même qui vous ont convaincus que vous pouviez sans problème prendre un énième crédit. Ces banquiers mêmes qui ont convaincu tous les promoteurs immobiliers en herbe de s’endetter pour dynamiser leurs portefeuilles et accroître leur volume d’affaires. Tout aussi coupables, les banques d’affaires, qui ont emballé les crédits hypothécaires à haut risque en paquets exotiques et ont fait du porte-à-porte dans les entreprises pour leur vendre ce produit d’investissement des plus fantastiques. Pour le dire simplement, les banques font preuve d’un comportement irresponsable depuis dix ans et mettent en péril le bien-être de tous.»
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