La présidentielle américaine est au cœur de l’actualité, non pas seulement aux États-Unis, mais au Canada également. Plusieurs Canadiens s’intéressent de près à la course. Et si cette campagne électorale se déroulait au Canada, qui de Barack Obama ou de John McCain serait élu? Selon notre enquête, il semble que le candidat démocrate gagnerait haut la main devant son adversaire républicain.
Guerre
«Il y a beaucoup de frustrations chez les Canadiens face à la guerre en Irak que George W. Bush a menée, et vis-à-vis des politiques qu’il a mises de l’avant durant les huit dernières années. Et McCain appartient au même parti que Bush, donc il est associé à lui», croit Frédérick Gagnon, professeur de science politique et chercheur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
«Avant les attentats du 11 septembre, les Canadiens et les Québécois appréciaient les Américains, qu’on pense à l'Accord de libre-échange nord-américain, aux Canadiens qui ont immigré aux États-Unis de 1840 à 1930. Mais depuis 2001, l’image des États-Unis s’est détériorée aux yeux de plusieurs», soutient M. Gagnon.
Valeurs morales
Autre aspect penchant du côté d’Obama, ses valeurs morales qui font en sorte que le candidat est plus souple notamment en ce qui concerne l’avortement, le mariage gai, l’État-providence et le rôle que le gouvernement devrait jouer pour enrayer les inégalités sociales et la pauvreté. Ces aspects sont moins valorisés par McCain, qui demeure plus conservateur à l’image de son parti.
Candidat noir
Par ailleurs, le professeur de l’UQAM souligne que le candidat démocrate ne serait pas à l’abri de la minorité de Canadiens ayant des préjugés face à la différence, tout comme ne l’a pas été l’ancien chef du Parti Québécois, André Boisclair au Québec.
«Boisclair est un bon exemple de ce que pourrait subir Obama aux États-Unis et au Canada si les élections étaient tenues ici. Son homosexualité a été un des facteurs qui a fait en sorte qu’il soit mis de côté par les gens plus conservateurs. Lors d’un sondage effectué aux États-Unis, 30% des répondants ont dit ne pas être certains de vouloir voter pour un noir et 5% ont affirmé ne pas vouloir voter pour un noir», précise-t-il.