Dans le sud afghan, les soldats britanniques ont beau être quatre fois plus nombreux que les soldats canadiens, ils déplorent à peine plus de décès dans leurs rangs. D'autant plus difficile à croire qu'ils circulent sur les mêmes routes minées dans de simples Land Rover non blindés.
Leurs sorties ne passent jamais inaperçues auprès des autres troupes de l'Otan.
Pour les soldats canadiens, leurs collègues brits sont tout simplement des desert fox et leurs drôles de véhicules sont surnommés avec sarcasme toasters.
Or, une trentaine seulement sur les 116 décès enregistrés chez les 8 000 Britanniques ont été causés par l'explosion d'une bombe artisanale.
Aussi dangereux
Chez les Canadiens, qui comptent 2 500 hommes, ce sont environ 42 soldats sur 93 qui ont péri pour les mêmes raisons, dont trois hier. Très peu ont trouvé la mort par balles lors de combats directs comme les Français en début de semaine.
Les Britanniques sont déployés pour la plupart dans la province du Helmand, à l'ouest de celle de Kandahar. Ils combattent aux côtés des Américains.
Helmand et Kandahar sont des secteurs aussi dangereux l'un que l'autre. L'activité insurrectionnelle talibane y est très forte.
Lorsqu'ils se déplacent, entre autres à partir de la base principale de Kandahar, les soldats britanniques utilisent leurs Land Rover Discovery.
Aucun toit, et encore moins de blindage pour les protéger. À la place, une simple bâche kaki. Les soldats sont assis sur une banquette rudimentaire. L'un d'eux se tient debout, la tête sortie, la main sur une mitrailleuse 12,7 mm.
Adrénaline
Rien à voir donc avec les lourds et imposants véhicules blindés qui équipent l'armée canadienne. «Ce sont des malades, moi je n'irais jamais là-dedans», s'est exclamé un soldat canadien à qui le Journal demandait son avis.
Certains en Afghanistan estiment que les talibans adaptent leurs méthodes d'attaque à la cible choisie.
Plus les Canadiens renforcent leurs blindages et deviennent invulnérables aux tirs, plus les insurgés augmentent la puissance de leurs bombes artisanales.
Si les médias britanniques ne ratent jamais une occasion de dénoncer ce qu'ils considèrent comme un grave sous-équipement, ceux qui l'utilisent sur le terrain ne semblent pas du même avis.
«C'est bon pour l'adrénaline» explique, hilare, un soldat britannique.
Un autre croit qu'ils sont plus réactifs que les Canadiens en cas d'attaque directe.