Louise Arbour tire sa révérence

Droits de l'Homme - Louise Arbour tire sa révérence

Louise Arbour© AP

Dernière mise à jour: 02-07-2008 | 13h07

La juriste canadienne, anciennement procureur en chef du Tribunal pénal international (TPI) pour le Rwanda et l'ex-Yougoslavie, vient de quitter ses fonctions de haut commissaire aux droits de l'homme. Bilan de quatre années de combat par le quotidien suisse Le Temps.

«Le 30 juin, au Palais Wilson à Genève, Louise Arbour a officiellement quitté son poste de haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme», écrit Stéphane Bussard du quotidien Le Temps de Genève où se trouve également le siège du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH). «Son mandat de quatre ans que la juriste québécoise de 61 ans n'a pas souhaité renouveler pour des raisons personnelles n'a pas été une sinécure. Cédant après quelque résistance aux appels de Kofi Annan, elle avait fini par accepter de succéder au regretté Sergio Vieira de Mello [mort le 19 août 2003 dans l'attentat contre le siège des Nations unies à Bagdad]. En quittant le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme, celle qu'on juge «intelligente, honnête et engagée» laisse un héritage jugé globalement très positif», poursuit le quotidien.

Et pourtant la tâche s’annonçait ingrate. «De nombreux diplomates onusiens reconnaissent qu'il y a encore "pire que le poste de secrétaire général de l'ONU: il y a celui de haut commissaire aux droits de l'homme."» Malgré tout, note Le Temps, Louise Arbour a réussi à renforcer cette institution. Sous sa direction, les effectifs du HCDH à Genève ont quasi doublé, tout comme le nombre de ses bureaux à l’étranger et son budget.

Il n’empêche, ce bilan a aussi sa part d’ombre, termine Stéphane Bussard. «Cette femme à poigne, courageuse, osant dire leurs quatre vérités tant aux Américains qu'aux pays musulmans, a dû constater que l'intégration des droits de l'homme dans tous les programmes onusiens avait reculé au point que certains se demandent si les droits humains constituent encore l'un des trois piliers de l'ONU. Pour Sébastien Gillioz, de l'ONG Human Rights Watch, la Canadienne «laisse un Haut-Commissariat en bien meilleur état que lorsqu'elle est arrivée. Mais les défis de son successeur ne manquent pas. À New York, les signaux à l'égard du Haut-Commissariat et du Conseil sont inquiétants."»

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