Toujours pas de premier ministre

Haïti - Toujours pas de premier ministre

Le président haïtien, René Préval© PRESSE CANADIENNE/Clement Allard - archives

Dernière mise à jour: 09-06-2008 | 14h17

«Il y a deux mois, on parlait d'émeutes de la faim, de sécurité alimentaire, de production nationale. Une personnalité [le premier ministre, Jacques-Pierre Alexis, qui a dû démissionner le 12 avril] faisait figure de machine à résoudre tous ces problèmes. Aujourd'hui, le besoin sécuritaire supplante tout, et sur les murs de la capitale, comme par miracle, une main experte et transcendante inscrit le nom du messie synonyme de sécurité», s'exclame le quotidien haïtien Le Nouvelliste. Le 4 juin, à Port-au-Prince, près de 6000 personnes ont manifesté pour protester contre les kidnappings.

Haïti, pays le plus pauvre du continent américain, connaît une grave crise à la fois sociale et politique. Le président René Préval, au pouvoir depuis un an, a du mal à trouver un premier ministre depuis le départ forcé de Jean-Pierre Alexis, victime d'un vote de censure du Sénat haïtien. Sa démission était intervenue après de violentes manifestations contre la hausse du coût de la vie, qui s'étaient soldées par la mort de 6 personnes.

René Préval avait d'abord désigné un de ses proches, Ericq Pierre, dont la candidature a ensuite été rejetée par la chambre basse du Parlement haïtien. Le 26 mai, Préval a choisi comme premier ministre un autre de ses proches: Robert Manuel, ancien secrétaire d'État à la Sécurité... Une nomination qui est loin de faire l'unanimité et qui n'a pas été ratifiée par le Parlement. Ce qui fait dire au Nouvelliste: «L'avenir immédiat de ce pays est suspendu à la ratification d'un nouveau premier ministre.» Et il se demande, en guise de conclusion: «Quel est donc l'avenir de cette République?»

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