Impossible d'oublier

Génocide du Rwanda - Impossible d'oublier

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Gabrielle Duchaine-Baillargeon
Le Journal de Montréal

Il y a 13 ans, débutait le génocide qui a fait près d'un million de morts.

Comme tous les membres de la communauté rwandaise de Montréal, Émanuelle Kayiganwa commémorait hier le 13e anniversaire du début du génocide qui a tué près d'un million de ses compatriotes en 1994. Pour la réfugiée, la plaie est encore béante.

Émanuelle Kayiganwa a quitté le Rwanda en 1973, au début de la révolution sociale, à l'âge de 19 ans.

«Il y avait déjà de la violence et je suis partie sans même dire au revoir à mes parents», raconte-t-elle.

Mme Kayiganwa a ensuite vécu au Congo et au Burundi avant d'obtenir le statut de réfugiée au Canada.

«Mais même si je n'étais pas au Rwanda durant le génocide, je l'ai vécu. Il fait partie de moi», assure celle dont le père est mort des suites de la torture en 1985, et dont la mère a péri en 1994.

Le Canada

La Rwandaise a décidé d'immigrer au Canada en 1994 en voyant la situation se dégrader dans son pays d'origine, et dans toute la région des Grands Lacs africains, où est situé le Burundi.

Elle est arrivée avec ses deux enfants, son fils Hamouda et sa fille Attieha, alors âgés de 13 et 9 ans. Son mari est venu les rejoindre deux ans plus tard.

«Ça a été difficile au début car les enfants avaient vécu la terreur en Afrique et ils ne comprenaient pas trop la vie ici», se souvient Émanuelle Kayiganwa.

Cette dernière n'a toutefois pas eu de problèmes à s'adapter à son nouveau pays. Depuis son arrivé, Émanuelle Kayiganwa a travaillé dans une multitude d'organismes d'entraide et est très active dans la communauté.

Le Rwanda

Pour Émanuelle Kayiganwa, qui revient tout juste d'un voyage dans son pays natal, où elle a une soeur, les Rwandais se remémorent le génocide tous les jours et pas seulement lors des anniversaires.

«C'est impossible de parler avec un Rwandais 10 minutes sans parler du Rwanda», dit-elle.

«Ça fait partie de nous, ajoute Émanuelle. Chaque jour, quelqu'un se rappelle de quelque chose, on retrouve un corps ou un proche meurt du sida, contracté durant le conflit.»

Le procès pour génocide que subit à Montréal le Rwandais Désiré Munyaneza, le premier du genre au Canada, donne toutefois un peu d'espoir à la communauté.

«Ça montre que l'impunité ne continuera pas, dit Émanuelle Kayiganwa. Que le Canada ne tolérera pas ce genre de choses.»

«Chaque jour, quelqu'un se rappelle de quelque chose, on retrouve un corps ou un proche meurt du sida, contracté durant le conflit»


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