Pas d'écoles d'élite...

Sébastien Ménard
Le Journal de Montréal

HELSINKI, FINLANDE - Alors qu'elle met toute son énergie au profit des élèves en difficulté, la Finlande néglige les jeunes talentueux. Dans tout le pays, les écoles d'élite se comptent sur les doigts d'une seule main.

Pourtant, bien peu de personnes rencontrées par le Journal se plaignent de cette situation.

«Ça fait partie du concept de l'égalité des chances qui a permis à la Finlande de se hisser au premier rang de toutes les épreuves internationales», estime Claude Antilla, une Française oeuvrant à la Direction nationale de l'enseignement.

«Au début, lorsque cette philosophie a commencé à faire son chemin et qu'on a fermé les écoles élitistes, on pensait que ça nuirait aux résultats scolaires et que les meilleurs étudiants se décourageraient», dit-elle.

«Mais c'est tout le contraire qui s'est produit», reconnaît Mme Antilla.

À son avis, la fermeture des écoles d'élite a plutôt favorisé le succès de l'école publique. «Les craintes n'étaient pas fondées, dit-elle. En bout de ligne, le fait que tous les élèves soient placés sur un pied d'égalité contribue au succès du plus grand nombre», analyse-t-elle.

Opinions d'ados

Au lycée Alppila, à Helsinki, des ados qui s'apprêtent à accéder à l'université n'ont pas la même opinion.

«La seule raison pour laquelle la Finlande est meilleure que les autres pays du monde, c'est qu'elle fait tout pour que ses élèves les plus stupides... soient moins stupides qu'ailleurs», ironise Ossi Kurkio-Suonio, 17 ans.

«En bout de ligne, tout le monde se retrouve dans la moyenne, lance-t-il. Moi, ça ne me dérange pas, mais je connais des jeunes intellos qui trouvent ça difficile.»

À l'inverse, Tiina-Maaria Laihi ne se formalise pas de ce choix de société.

«Le système que l'on a présentement me convient parce qu'il me donne beaucoup de liberté», dit-elle.

smenard@journalmtl.com


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