Un repas chaud chaque jour

Sébastien Ménard
Le Journal de Montréal

HELSINKI, FINLANDE - Pas de fast food ni de ventre creux et peu de problèmes d'obésité. Chaque jour, tous les élèves finlandais ont droit à un repas chaud gratuit et élaboré par une nutritionniste.

Ni les végétariens, ni les musulmans n'ont d'excuses pour apporter leur propre repas ou courir au resto du coin. Toutes les cafétérias scolaires sont tenues par la loi d'adapter leur menu quotidien aux besoins de tous les élèves.

À l'école primaire Käpylä d'Helsinki, les jeunes Tommi Suuntala et Juha Kallionen, 11 ans, étaient en train de remplir leur assiette lorsqu'ils ont accepté de répondre aux questions du Journal.

Au menu, ce midi-là : bâtonnets de poisson, pommes de terre, légumes, salade de carottes et lait.

«Si j'aime ça ? demande Tommi. Oui, ce midi, c'est bon. Mais ce n'est pas toujours le cas, confie-t-il. Quand je n'aime pas ce qui est proposé, je me contente du pain et je prie pour ce que ce soit meilleur le lendemain», lance-t-il en esquissant un sourire.

Une cause du succès

Selon les grands penseurs du système d'éducation finlandais, ces repas gratuits sont une des raisons expliquant le faible taux de décrochage des élèves de ce pays et leur succès phénoménal aux épreuves internationales.

«Si les jeunes n'avaient pas ces repas, ils ne pourraient pas se concentrer autant, pense la directrice de l'école Käpylä, Anneli Rautiainen. Tant que leurs besoins de base ne sont pas comblés, ils ne peuvent rien apprendre», dit-elle.

Éliminer cette étape pour économiser serait une grave erreur, estime le directeur du lycée Jakomäki, Antti-Pekka Ihalaien.

«La plupart des jeunes ne paieraient pas pour dîner ici. Ils en profiteraient pour s'acheter du fast food et des bonbons. Ce serait nocif autant pour leur santé que pour leurs résultats scolaires», pense-t-il.

Les lunches ne sont d'ailleurs pas très coûteux pour les contribuables finlandais, souligne M. Ihalaien. Au primaire, bien des écoles doivent se contenter d'un budget de 0,90 $ par enfant chaque midi, dit-il.

À ce prix-là, il est facile de comprendre pourquoi les desserts sont servis uniquement lors d'occasions spéciales.

Et les bonnes manières

Le repas du midi sert également de prétexte pour apprendre aux enfants à bien se comporter à table. On s'assure qu'ils ne s'y accoudent pas et qu'ils ne parlent pas la bouche pleine.

Lors du passage du Journal, un prof oeuvrant auprès d'élèves en difficulté, à l'école Käpylä, surveillait leur bienséance.

«Ça fait partie du travail des enseignants, dit Anneli Rautiainen. Ils sont payés pour faire ça...»

smenard@journalmtl.com


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