Pas de décrochage

Sébastien Ménard
Le Journal de Montréal
Direction Nationale de l'enseignement de Finlande et Ministère de l'éducation du Québec

HELSINKI - En Finlande, la réussite scolaire de tous est une réalité. L'an dernier, la quasi-totalité des jeunes qui en avaient l'âge ont réussi l'équivalent du diplôme d'études secondaires.

«On a réussi à éliminer l'échec scolaire et ce n'est pas rien !» se réjouit Claude Antilla, une Française qui oeuvre à la Direction finlandaise de l'enseignement.

Alors que chez nous, presque un étudiant sur trois n'a pas terminé ses études secondaires à l'âge de 20 ans, cette proportion est d'à peine 0,3 % en Finlande.

Le décrochage scolaire y est faible partout, même dans les programmes de formation professionnelle ou technique.

Au Collège d'art culinaire, de mode et de beauté d'Helsinki, par exemple, à peine 10 % des étudiants ne terminent pas leurs études. Au Québec, c'est trois fois plus.

«Mais, dans les faits, la proportion réelle de décrocheurs n'est que de 3 %, si on tient compte de tous ceux qui s'inscrivent dans une autre école, qui vont dans l'armée ou à l'université», explique la directrice de l'école, Merja Niukkanne.

Éducation personnalisée

Pour expliquer ce taux de persévérance exceptionnel, les intervenants questionnés par le Journal montrent du doigt le soutien particulier qu'accorde la Finlande aux élèves ayant des difficultés d'apprentissage.

«Ce qui nous distingue des autres, c'est qu'on prend vraiment soin de tous les enfants, dès leur entrée au primaire», dit Rarja Kukka, enseignante du lycée Alppila, à Helsinki.

«Aucun élève n'est oublié, ce qui fait que les cancres sont rares au lycée...»

L'enseignement est également très personnalisé, soulignent plusieurs observateurs. «Les professeurs ne sont pas confinés à un programme», dit Claude Antilla.

«Ils choisissent eux-mêmes les manuels et les méthodes appropriés pour les élèves qu'ils ont en face d'eux», explique-t-elle.

«Je pense aussi que l'éducation des mères est très favorable à cette situation, avance-t-elle. Comme elles sont très souvent allées à l'université, elles transmettent le goût d'apprendre aux enfants.»

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Décrochage: un monde de différences

En Finlande, 99,7 % des jeunes de 17 ans ont complété le programme obligatoire du primaire et du secondaire, ce qui fait de cette nation une de celles où le taux de décrochage est le plus bas au monde.

Au Québec, 29 % des Québécois n'ont toujours pas de diplôme d'études secondaires à l'âge de 20 ans. Trois élèves sur cinq obtiennent leur diplôme à l'intérieur du délai normal de cinq ans. Cette proportion grimpe à 68 % après six ans.

smenard@journalmtl.com


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