Il y a 10 ans aujourd’hui, le monde découvrait avec horreur les cadavres de 53 adeptes de l’Ordre du temple solaire en Suisse et à Morin Heights.
Par un beau matin d’octobre 1994, un incendie ravage une villa appartenant aux gourous de la secte du Temple de l’ordre solaire (OTS) à Morin Heights, Joseph Di Mambro et Luc Jouret.
Les pompiers découvrent rapidement les corps carbonisés de Colette et Jerry Genoud, tous deux de citoyenneté suisse et membres de la secte fondée en 1984.
Antéchrist à 3 mois
Deux jours plus tard, la police retrouve au sous-sol trois nouvelles victimes, Antonio, Nicky Dutoit et leur enfant de trois mois, dont la tête était recouverte d’un sac.
On apprend plus tard que les trois victimes avaient été assassinées à coups de poignard par le couple Genoud à titre de représailles pour avoir appelé leur fils du même nom que l’enfant de Joseph Di Mambro. Le bébé était considéré comme un antéchrist.
Les bourreaux ont ensuite préparé la mise à feu du chalet dans lequel ils ont trouvé la mort le 4 octobre après avoir ingurgité des tranquillisants.
48 victimes en Suisse
Dans la nuit du 4 au 5 octobre, c’est au tour des Suisses de se donner la mort dans un gigantesque suicide collectif faisant 48 morts, dont plusieurs enfants. 23 personnes sont retrouvées à Cheiry et 25 autres à Granges-sur-Salvan, dont les deux gourous de la secte, Luc Jouret et Joseph Di Mambro.
Parmi les victimes, neuf Québécois : Robert Falardeau, chef de l’OTS au Canada, Robert Ostiguy, maire de Richelieu, son épouse Françoise, Joce-Lyne Grand’Maison, journaliste au Journal de Québec, Jean-Pierre Vinet, ex-cadre d’Hydro-Québec, sa conjointe, Pauline Lemonde, et leur fille Annie Brunnel, Martin Germain, un électricien de Québec qui aurait réalisé le système de mise à feu, ainsi que sa femme Cécile.
Les enquêtes officielles ont déterminé que la majorité des victimes de Cheiry avaient été tuées par balles avant l’incendie alors qu’à Salvan, les victimes avaient été empoisonnées au curare avant la mise à feu du chalet.
Mais l’horreur ne s’arrête pas ici. Quatorze mois plus tard, le 15 décembre 1995, 16 personnes dont 3 enfants brûlent dans une clairière du Vercors. La femme et le fils du champion de ski Jean Vuarnet sont parmi les victimes.
Enfin, le 22 mars 1997, 5 adeptes de l’OTS sont retrouvés carbonisés dans une maison de Saint-Casimir au Québec.
Au total, de 1994 à 1997, 74 membres de l’OTS ont péri au sein de cette secte apocalyptique.
Rappelons que ces histoires d’horreur ont fait l’objet d’innombrables poursuites judiciaires qui ne sont toujours pas terminées.