QUÉBEC - Une fourgonnette conduite par un octogénaire a fait irruption lundi matin dans un commerce spécialisé dans la vente de fauteuils roulants et de déambulateurs de la rue Bouvier à Québec. Elle est venue percuter le comptoir d'accueil, projetant la réceptionniste par terre.
Ironiquement, le conducteur qui a de la difficulté à se déplacer venait justement se procurer un fauteuil roulant.
Il aurait voulu stationner son véhicule tout juste devant la porte d'entrée, sur une place réservée aux personnes handicapées, mais au lieu de freiner, il a accéléré.
«Je n'ai jamais eu honte de même dans ma vie, a raconté Adolphe Bever en prenant place dans une voiture de police pour faire sa déclaration. J'ai 82 ans, j'ai fait une belle vie et une bonne vie. Là, j'ai un accident de même. Je veux m'excuser. Ça n'a pas de bon sens.»
La réceptionniste s'en est tirée avec des blessures légères et un léger choc nerveux.
À première vue, les dommages se limitent à une double porte arrachée, au comptoir brisé et à quelques égratignures sur la fourgonnette.
Apte à conduire?
Au Québec, les conducteurs âgés de 75 ans doivent subir un examen médical et un test de la vue. Puis, à compter de 80 ans, les conducteurs doivent se soumettre, aux deux ans, à un examen médical.
Dans le cas d'une maladie à évolution rapide, les examens peuvent être exigés plus fréquemment, a précisé le Dr Jamie Dow, de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ).
«Le médecin, son rôle, c'est de fournir des renseignements à la SAAQ et c'est la SAAQ qui décide s'il y a des mesures à prendre. Ça peut être un test routier chez nous, dans un centre de service, un test qui est fait spécialement pour les conducteurs expérimentés pour voir s'ils sont toujours sécuritaires au volant ou ça peut être chez un ergothérapeute spécialisé dans l'évaluation de la capacité de conduire.»
C'est ainsi que, l'an dernier, la SAAQ a procédé à 9500 examens de conduite et a fait effectuer 6000 évaluations chez des ergothérapeutes de personnes de tous âges dont la condition pouvait laisser croire qu'elles n'étaient plus en mesure de prendre le volant.
Au CAA-Québec, on fait aussi bien attention à ne pas uniquement pointer du doigt les personnes âgées. «Tout est une question de capacité de conduire, quel que soit l'âge de la personne», a indiqué Philippe Saint-Pierre, porte-parole de l'organisme.
«Au-delà d'une question d'âge, c'est une question de Santé, a-t-il ajouté. Au CAA-Québec, on souhaite que les gens soient le plus autonomes, le plus longtemps possible. Et il n'y a pas de contre-indication avec l'âge, C'est plus une question d'autonomie.»
Lorsqu'un proche, pour des raisons de limitations physiques ou cognitives, devient de moins en moins apte à conduire, il est possible de le signaler à la SAAQ, qui, elle, se chargera de le faire examiner.