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Un pianiste donne un concert pour sa fille retenue au Liban

Fête des pères - Un pianiste donne un concert pour sa fille retenue au Liban

En grève de la faim depuis 45 jours, c'est le quatrième concert que le pianiste donne ainsi devant la cathédrale pour plaider sa cause.©AFP/ François Nascimbeni

REIMS - Un pianiste franco-libanais a improvisé un concert devant la cathédrale de Reims dimanche, à l'occasion de la Fête des Pères, pour dénoncer un jugement du Vatican qui l'empêche de retrouver sa fille cadette retenue au Liban par son ex-femme.

Vêtu d'une queue de pie, Dominique Salloum, concertiste âgé de 43 ans, s'est installé devant un piano Steinway posé au milieu du parvis de la cathédrale pour interpréter pendant une demi-heure des pièces de Brahms.

«En ce jour symbolique de la Fête des Pères, c'est un ultime appel pour retrouver ma fille retenue au Liban depuis sept ans à cause d'un tribunal religieux», a-t-il expliqué.

En grève de la faim depuis 45 jours, c'est le quatrième concert que le pianiste donne ainsi devant la cathédrale pour plaider sa cause.

Ce père de deux filles de 15 et 13 ans dont l'aînée vit à Reims avec lui, a divorcé en 2002 d'avec sa femme, également franco-libanaise, qui réside depuis sept ans à Beyrouth en compagnie de la cadette.

Alors que le juge aux affaires familiales a confié la garde des enfants au père en 2004, la mère a quitté la France pour le Liban en emmenant les deux filles.

Elle a été condamnée pour soustraction d'enfants à 18 mois de prison ferme par la cour d'appel de Douai en janvier 2011.

«Après l'enlèvement, je me suis rendu au Liban où j'ai pu récupérer légalement mon aînée, la seconde ayant été retenue physiquement par des voisins des grands-parents maternels», a raconté M. Salloum.

Selon lui, son ex-femme s'est alors tournée vers les tribunaux religieux libanais qui ont autorité en matière de mariage et de divorce et qui ont décidé de confier la garde de ses «deux filles françaises à leur mère et de leur interdire la sortie du territoire libanais».

En appel, le Vatican a confirmé le jugement religieux libanais de première instance.

«Je suis privé de ma fille et deux soeurs sont séparées l'une de l'autre depuis sept ans malgré les décisions de la justice française», a poursuivi M. Salloum.

«J'en appelle au Président de la République car ce conflit de lois internationales ne peut être réglé que par des négociations entre l'État français et le Vatican pour débloquer cette terrible situation», a-t-il plaidé.



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