SAINT-EUSTACHE - La Fondation Rivières a dressé un piètre bilan de performance des 14 systèmes d'assainissement des eaux usées dans la rivière des Mille-Îles.
Selon l'organisme, entre 2008 et 2011, les exigences du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) n'ont pas été respectées quant aux débordements des eaux usées en temps de pluie.
La performance des 14 stations d'épuration est conforme, mais les pires situations sont notées à Deux-Montagnes et Saint-Eustache. Selon le bilan, la Ville de Deux-Montagnes ne respecte pas les exigences depuis quatre ans au poste de pompage du boulevard du Lac qui déverse de 26 à 52 fois par année dans le lac des Deux-Montagnes. Cependant, des travaux en cours permettraient d'améliorer la situation.
«Nous sommes bien au fait des exigences du MDDEP en matière de surverse des eaux usées. Nous avons entrepris un programme qui s'échelonne sur plusieurs années de réhabilitation des infrastructures d'égouts. La réalisation des travaux de ce programme nous permettra de mieux contrôler la gestion de nos eaux de pluie et par le fait même nos surverses dans le lac des Deux Montagnes. Dès l'automne 2012. Le problème des déversements sera réglé avec la construction du bassin d'égalisation», a expliqué Véronique Mompelat, adjointe à la directrice des communications de la ville.
Avec ses 25 points de surverses, la Ville de Saint-Eustache déverse ses eaux usées dans l'environnement de 315 à 363 fois par année. Le poste Labrie ne respecte pas les exigences du MDDEP depuis quatre ans.
Les déversements
Cette étude se fonde sur les données du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire (MAMROT). Elle permet d'identifier les problèmes de déversements d'eaux usées en temps de pluie et de fonte des neiges qui doivent être corrigés.
«La réduction des débordements doit être priorisée aux endroits qui reçoivent le plus grand débit et qui déversent plus de 20 fois par année des eaux usées directement dans l'environnement, a affirmé Martin Drapeau, président d'Enviro Mille-Iles. Surtout parce que la rivière des Mille-Îles alimente en eau potable près de 400 000 personnes.»
Sur le parcours d'un réseau d'égouts raccordé à une station d'épuration, chaque point où des eaux usées peuvent emprunter un autre chemin que celui les conduisant directement à la station d'épuration constitue un ouvrage de surverse. Le trop-plein est l'ouvrage qui permet aux eaux non dirigées vers la station d'épuration d'être évacuées vers le milieu récepteur naturel.
Les eaux usées peuvent entraîner des maladies graves en plus d'affecter la faune et la flore et d'empêcher la baignade.