Londres accueillera les trentièmes Jeux Olympiques d'été du 27 juillet au 12 août. En imposant son dossier de candidature face à Paris en 2005, la capitale britannique promettait d'organiser les jeux les plus verts, jamais orchestrés depuis les JO modernes de 1896.
Il y a sept ans, les Français apprenaient, avec déception, que les Jeux Olympiques d'été se dérouleraient à Londres, et non pas à Paris. La promesse du dossier britannique : la mise en place de jeux verts, respectant la nature et l'environnement. Les membres du Comité international olympique (CIO) se sont laissés convaincre et Londres n'a pas tardé à affûter ses armes, pour mettre en place une véritable politique de développement durable.
La capitale veut prouver que ce n'est pas une utopie et dévoile son plan de développement durable pour les Jeux de 2012, "Towards a One Planet 2012", un programme qui s'inspire de celui du World Wild Fund ("One Planet Living"). Comme pour multiplier les preuves de sa bonne volonté, le comité d'organisation ajoute un "code d'approvisionnement durable", qui s'assure que les enjeux environnementaux seront pris en compte lors de la construction des sites olympiques, entre autres.
Première étape : les travaux
Les Jeux d'été de Londres 2012 emmèneront les spectateurs et les athlètes dans une zone encore peu connue des amoureux de la capitale britannique. Les Anglais ont imaginé leur projet olympique à l'est de Londres, là où l'industrie avait rendu le paysage gris. Les enjeux environnementaux de Londres 2012 se sont manifestés dès les premiers travaux de nettoyage de la zone. Il faut dire que les premiers repérages ont permis d'identifier dans les sols la présence de polluants industriels tels que du pétrole, du cyanure, de l'asphalte, de l'arsenic ou du plomb. Pour pousser la problématique de développement durable jusqu'au bout, quoi de mieux que des milliards d'insectes, des microbes et des bactéries pour nettoyer les 50.000 tonnes de terre contaminées, à l'endroit même où les Londoniens imaginent "leur" parc olympique. Les animaux travaillent, la quantité de matériaux mis en décharge est réduite. Trois années auront été nécessaires pour rendre l'espace totalement propre.
Dès le début des travaux en 2008, l'objectif est de minimiser les déchets et d'inciter au maximum au recyclage. Alors les ouvriers réutilisent tout ce qu'il est possible tant qu'ils peuvent, ou envoient les matériaux inutilisables vers un même site où ceux-ci seront transportés par chaland sur la Tamise. La voie fluviale est aussi privilégiée pour livrer les matériaux.
Au-delà du recyclage, la problématique consiste à réduire les transports routiers. Les salariés qui oeuvrent sur les constructions ont donc été invités à venir au travail en vélo ou à pied. Les organisateurs pensent même à leur offrir la révision de leur véhicule, à l'occasion de la Semaine du développement durable en 2009.
Préservation de la faune et la flore
Animaux et végétaux ont été au coeur des enjeux du programme d'installation des Jeux de Londres. 45 hectares d'habitats ont donc été installés pour accueillir loutres, grenouilles, animaux invertébrés et autres espèces rares au sein même du parc olympique. Les oiseaux se nicheront dans 525 cabanes, tandis que les chauves-souris attendront la nuit dans 150 abris. "Les nouveaux habitats sont conçus de manière à s'assurer qu'ils ne sont pas affectés par les milliers de personnes qui visiteront le parc pendant les Jeux" tient à prévenir, dès 2009, le comité d'organisation.
Le parc olympique ne manque pas de s'élever dans un écrin vert, où la nature tient toute sa place. Plus de 4.000 arbres et 300.000 plantes aquatiques sont plantés. Les futurs spectateurs, qui trépignent déjà à l'idée de se présenter aux portes d'accès, se rendront sur les sites sportifs en empruntant des ponts et en flânant au fil de collines boisées, de prés, d'étangs, de pelouses et de jardins humides.
Étape cruciale : des sites sportifs écolos
Le maillage des nombreux centres sportifs du parc olympique s'articule autour d'un centre énergétique, qui fournira l'électricité et le chauffage aux habitations voisines après les Jeux. Objectif : réduire les émissions de dioxyde de carbone du parc. Le mastodonte s'alimente à coup de copeaux de bois pour produire de la chaleur et est équipé d'une centrale fonctionnant au gaz naturel. Les visiteurs du parc olympique devraient aussi repérer l'autre géant du site : la turbine éolienne. Nom de code : "The Angel of Leyton". Flanqué sur un pied de 130 mètres de haut, le colosse produit de l'énergie renouvelable, capable d'alimenter mille habitations pendant toute une année. A la fin des Jeux Olympiques et Paralympiques, la turbine restera le coeur énergétique des habitations qui auront été construites dans les environs.
En outre, les Anglais ont pensé à être écolos jusqu'aux toilettes. Le toit de la Copper box, l'enceinte réservée au handball et au pentathlon moderne, est ainsi coiffé d'un toit capable de récupérer l'eau de pluie, destinée à être réutilisée par les chasses d'eau des sanitaires.
Les Britanniques sont aussi ingénieux. L'écologie, ce n'est pas seulement utiliser des matériaux respectueux de l'environnement, c'est aussi être logique. Les organisateurs ont donc tout simplement pensé à louer les pièces de construction de l'enceinte du water-polo, comme la tribune temporaire.
Mais, le digne porte-parole "écolo" de tous les sites olympiques londoniens sera incontestablement le stade olympique. Usain Bolt et le Français Christophe Lemaître s'aligneront sur une piste d'athlétisme construite au coeur d'une enceinte, considérée comme la plus écologique jamais mise sur pied pour les JO (selon les organisateurs). Il a fallu creuser 800.000 tonnes de terre pour élever le stade, et éviter l'utilisation de trop de matériaux. Il est également surmonté d'un anneau, façonné à l'aide de tuyaux à gaz excédentaires.
Vendredi 27 juillet, les délégations officielles qui participeront aux trentièmes Jeux Olympiques d'été assisteront à l'arrivée d'une flamme olympique, forcément écolo. Un carburant à faible taux de dioxyde de carbone a en effet été choisi pour allumer la grande vasque.
Même les spectateurs seront mis à contribution pour préserver le site et la nature. Ils seront invités à emprunter les pistes cyclables et les allées piétonnes du parc olympique, à préférer les transports en commun pour se rendre aux épreuves sportives... et à oublier que les organisateurs de Londres 2012 se sont associés les services de Dow Chemical. Le fabricant mondial de produits chimiques est tristement célèbre pour sa responsabilité dans l'explosion d'une usine indienne en 1984. L'incident, identifié comme le "désastre de Bhopal", avait fait des milliers de morts. La polémique a rythmé toutes les étapes de construction de ces prochains jeux, jusqu'à la démission de la commissaire à l'éthique des JO en début d'année...