OTTAWA – L'avenir des sables bitumineux en Europe se jouera jeudi lors d'un vote qui doit avoir lieu au sein de l'Union européenne (UE) sur les modalités de mise en œuvre de la Directive sur la qualité des carburants.
Une récente décision de classer les sables bitumineux dans une catégorie plus polluante que le pétrole a fait sursauter de nombreux politiciens canadiens.
L'ambassadeur canadien en Europe, David Plunkett, a envoyé une lettre aux États membres de l'Union européenne menaçant de déposer une plainte devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC). «Si les mesures qui vont être prises par l'UE à l'endroit des sables bitumineux bruts devaient être discriminatoires, arbitraires, non scientifiques ou incompatibles avec ses obligations en matière de commerce international, je tiens à confirmer que le Canada défendra ses intérêts, y compris devant l'OMC», écrit l'ambassadeur.
Une éventuelle plainte du Canada à l'OMC ne semble pas impressionner outre mesure certains diplomates européens.
«C'est peut-être une erreur, mais nous croyons que cette classification est en accord avec les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)», a dit mercredi Maurizio Cellini, chef de la section économique et commerciale de la délégation de l'Union européenne au Canada.
Selon des analystes, il est peu probable que la réglementation soit approuvée jeudi en raison de l'opposition de plusieurs pays investisseurs dans les sables bitumineux, dont la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la France.
Le chef intérimaire du Parti libéral du Canada, Bob Rae, qui s'exprimait mercredi à l'Université de Montréal, comprend les Européens.
«Ça fait 20 ans qu'ils font du travail pour réduire les émissions, ils ont fait des investissements énormes pour améliorer l'environnement. Des changements que le Canada n'a pas faits.»