L’eau utilisée dans les forages de puits de gaz de schiste contiendrait des niveaux de radioactivité bien supérieurs à ce qu’on croyait jusqu’ici, révèle une enquête du quotidien The New York Times.
L’influant journal américain est arrivé à cette conclusion après avoir obtenu copie de quelque 30 000 pages de documents internes de l’Environmental Protection Agency (EPA), qu’on peut comparer à notre ministère de l’Environnement.
«Les eaux de forage, parfois traitées dans des usines qui ne sont pas équipées pour les recevoir et renvoyées dans des rivières qui sont sources d’eau potable, contiennent des niveaux de radioactivité plus élevés que ce qui était connu», rapporte le quotidien.
Le niveau de radioactivité serait même «beaucoup plus élevé» que ce qui est considéré par les autorités fédérales américaines comme étant «sécuritaire» dans les usines de traitement.
D’autres documents analysés par The New York Times, basés sur une étude réalisée pour le compte de l’EPA en 2009, montrent que certaines usines de traitement ont «probablement violé la loi» en étant incapables d’éliminer certains produits toxiques contenus dans l’eau de forage.
Rapport attendu
Selon les experts interrogés par le quotidien, les risques seraient particulièrement élevés en Pennsylvanie, où le nombre de puits actifs de gaz de schiste est passé de 36 000, en 2000, à 71 000, aujourd’hui.
Ces nouvelles révélations coïncident avec le dépôt du rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), portant sur le développement durable de l’industrie du gaz de schiste au Québec. Le rapport a été remis lundi au ministre de l’Environnement, Pierre Arcand.
Le ministre aura 60 jours pour le rendre public, mais il a indiqué lundi qu’il souhaitait le faire le plus rapidement possible.
Les risques pour l’environnement causés par les eaux de forage ont été au centre des préoccupations lors des séances organisées par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, à l’automne 2010.