Plus de 500 citoyens de 155 villes et villages du Québec ont répondu à l’appel lancé par le metteur en scène Dominic Champagne et, en deux jours, ont signé une lettre demandant l’arrêt immédiat des travaux d’exploration du gaz de schiste.
La missive a été envoyée jeudi au premier ministre Jean Charest et aux ministres Nathalie Normandeau et Pierre Arcand. «Nous, citoyens et citoyennes de la Vallée du Saint-Laurent, réclamons que le gouvernement du Québec décrète, avant même le dépôt du rapport du BAPE, un arrêt immédiat de tout travail d’exploration, à l'exception des travaux d'inspection et de réparation des puits présentement ouverts», demandent les signataires.
Cette lettre a été rédigée et envoyée en réaction à la déclaration du 21 janvier du ministre de l’Environnement du Québec Pierre Arcand. Il expliquait alors qu’«actuellement que l'industrie n'a pas le contrôle de la situation».
Le Comité vigilance gaz de schiste Lotbinière-Bécancour estime que cette demande est justifiée, à la lumière des événements de Leclercville et des événements qui se sont récemment produits aux États-Unis.
«Talisman a arrêté toutes ses opérations de l’autre côté de la frontière en raison de problèmes majeurs survenus dans l’un de ses puits en Pennsylvanie. Nous devons tout arrêter avant que des problèmes importants surviennent ici», a souligné Pierre Bluteau, membre du comité.
D’après M. Bluteau, le Québec doit prendre le temps de se donner un cadre clair pour l’exploitation et de faire les études nécessaires.
Pierre Bluteau a ajouté que Junex poursuit toujours ses forages au Québec. «De plus, Gastem a dû arrêter complètement un forage entrepris à Joly. Le ministère de l’Environnement est intervenu pour protéger un milieu humide», a-t-il ajouté.
Pierre Bluteau espère aussi que cette initiative spontanée permettra d’attirer de nouvelles recrues dans les rangs des comités de vigilance de la province. «Nous avons découvert de nouvelles personnes dans de nouvelles municipalités. Cela nous permettra de former de nouveaux comités», a expliqué M. Bluteau.
On compte actuellement au Québec une cinquantaine de comités vigilance.