LA HAVANE - La Havane et ses 2,2 millions d'habitants font face à la pire crise d'approvisionnement en eau potable depuis 50 ans, en raison du mauvais état des infrastructures et d'une sécheresse relative qui dure depuis deux ans à Cuba, ont indiqué vendredi des responsables du secteur.
«Sur le trajet depuis la production jusqu'au consommateur, il se perd environ 70% de l'eau qui circule», ont expliqué des responsables de l'Institut des ressources hydrauliques (INRH) au quotidien officiel Granma, en soulignant «l'urgence» de procéder à des économies de consommation d'eau.
Selon les chiffres officiels, 2194 km de canalisations - soit 70% du total dans la capitale cubaine - sont en mauvais état, ce qui s'ajoute à d'«autres problèmes d'infrastructures». Seuls 82,3 km de tubes ont pu être réparés en 2010, selon l'INRH.
Un rapport de l'Institut indique d'autre part que les sources d'eau, déjà appauvries, sont surexploitées. Actuellement, quelque 726 litres d'eau sont pompées chaque jour par habitant, alors que la norme devrait être de 325, précise l'INRH.
La moitié de la population de la capitale cubaine souffre déjà de restrictions. Certaines parties des réseaux d'eau risquent de devoir être approvisionnées seulement un jour sur deux, selon Antonio Castillo, sous-directeur des Eaux de La Havane.
Quelque 110 000 habitants de la capitale ne reçoivent pas d'eau courante et doivent être approvisionnés par 140 camions-citernes.
Une sécheresse relative frappe la plus grande île des Caraïbes depuis novembre 2008. Elle s'est maintenue en 2009 et 2010, laissant les retenues d'eau à 50% de leur capacité.