«Il y aura de l'exploration et de l'exploitation de gaz de schiste à la condition que ça puisse être fait correctement», a déclaré le premier ministre Jean Charest, vendredi matin, au terme du caucus libéral à Lac-Beauport, près de Québec. «Sinon, il n'y en aura pas.»
«Nous avons toujours été en faveur de la filière du gaz de schiste, mais l'industrie ne semble pas avoir le contrôle de la situation à l'heure actuelle», avait dit plus tôt le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand.
Celui qui tente de rassurer les Québécois depuis des mois sur l'industrie du gaz de schiste a admis être personnellement préoccupé par les fuites détectées dans certains puits, notamment à Leclercville, dans Lotbinière.
«Il va falloir que l'industrie se comporte correctement, qu'ils aient des techniques qui soient valables, sinon il n'y en aura pas de gaz de schiste au Québec», a-t-il ajouté.
Moratoire?
M. Charest a refusé de préciser s'il y aura un moratoire sur l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste au Québec.
«Nous avons mandaté le BAPE pour faire une étude, a rappelé le premier ministre. C'est la bonne manière pour nous de mesurer les enjeux. Nous allons tenir compte de leurs recommandations. Je m'engage à respecter les conditions les plus strictes sur les conditions de la santé. On verra ce que le BAPE nous livrera comme rapport. Si on leur a demandé une étude, c'est qu'on en tiendra compte.»
Sans dire lui non plus s'il envisage d’imposer un moratoire, le ministre Arcand s'est dit ouvert à toutes les possibilités.
«Il y a différentes formules qui peuvent exister et le rôle du gouvernement va être de regarder attentivement ce que le BAPE va nous proposer, a-t-il dit. Il y a différentes formules qui existent et il est très clair que nous allons prendre la meilleure formule qui sera dans l'intérêt supérieur des Québécois.»
M. Arcand a assuré que les inspecteurs du ministère de l'Environnement ont l’œil ouvert. «Il y a 29 puits d'exploration au Québec; nous surveillons la situation de près et nous voulons nous assurer qu'il n'y a pas de problème», a-t-il insisté.