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Gaz de schiste

«On est hyper préoccupés», dit le maire Labeaume

Agence QMI 
10/12/2010 20h34 
 
 
Gaz de schiste - «On est hyper préoccupés», dit le maire Labeaume
Régis Labeaume 
© Agence QMI

QUÉBEC - Inquiet des impacts de l’exploitation du gaz de schiste, Régis Labeaume veut avoir son mot à dire dans l’attribution des permis sur le territoire de la ville de Québec.

«On est hyper préoccupés», a lancé le maire de Québec vendredi matin, s’exprimant pour la première fois sur le développement de cette industrie controversée, au terme d’une rencontre du conseil d’administration de l’Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent.

Le regroupement d’élus municipaux du Canada et des États-Unis demande au gouvernement Charest de modifier la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, afin que les municipalités soient informées et engagées dans le processus menant à l’attribution de permis de forage sur leur territoire.

«Si une compagnie nous demande un permis qui s’applique à un territoire qui longe le fleuve, présentement, je n’ai pas le choix de l’accorder. Alors, on a un problème, parce que les gens demanderont à leur maire d’empêcher ça, et je n’ai pas la capacité légale de le faire», a indiqué M. Labeaume.

Jusqu’ici, la Ville de Québec a accordé un peu sans savoir un seul permis d’exploration à la firme Junex, qui projetait de forer le sous-sol près de l’aéroport, mais qui a finalement choisi de se tourner vers d’autres sites à l’extérieur de la ville.

«On pensait alors que c’était un permis pour l’exploration de gaz, mais pas nécessairement de gaz de schiste», a-t-il dit, admettant une certaine confusion.

Afin de régler ces problèmes de juridiction, le groupe réclame également une modification de la Loi sur les mines, puisqu’actuellement, en vertu de cette loi et de celle sur l’aménagement et l’urbanisme, l’exploration et l’exploitation des ressources souterraines relèvent du gouvernement du Québec.

«C'est sûr qu'on demande gros parce que c'est de changer la Loi des mines, qui existe depuis 100 ans. Mais la vie a changé, la gouvernance réelle a changé. Si le maire de Montréal n'a pas un mot à dire sur les permis d'exploration qui sont donnés chez lui, je pense qu'on a un "petit" problème...»

Compensation

Par ailleurs, le regroupement d’élus réclame aussi la création d’un fonds pour compenser les municipalités qui subiront des dommages liés à l’exploration ou à l’exploitation de gaz de schiste sur leur territoire.

«Actuellement, les conditions qu’on impose à l’industrie n’ont aucun impact financier pour les municipalités, alors que ces entreprises-là utiliseront les routes, requerront de l’eau et d’autres services, pour lesquels nous ne sommes pas compensées», a affirmé le maire de Salaberry-de-Valleyfield et président de l’Alliance, Denis Lapointe.

Toutefois, malgré ses inquiétudes, l’alliance n’a pas l’intention d’imiter les groupes environnementaux en exigeant l’imposition d’un moratoire sur l’exploitation du gaz de schiste.

Pas de moratoire

«On n’a pas le goût d’embarquer là-dedans, la bataille des pour ou contre, c’est un débat émotif et c’est ce qu’on veut éviter. Notre responsabilité, c’est de protéger nos gens. Alors, on dit au gouvernement de ne pas nous oublier», a dit Régis Labeaume.

Le maire estime que le gouvernement se montrera sensible aux revendications de l’alliance, dont l’influence s’étend sur le continent.

«Ben là, on espère avoir un peu de poids, on a avec nous les maires de Chicago, Milwaukee, Rochester, Toronto, Hamilton, en plus de Québec et Montréal.»



 
 


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