DIGBY, N.-É. - Le passage de la tempête tropicale Earl sur la Nouvelle-Écosse a fait une victime malgré des dégâts moins importants que prévu comme des arbres arrachés et des pannes électriques importantes.
Déjà, en fin de journée samedi, l’heure était au bilan et les corvées de nettoyage et de réparations étaient bien entamées. La température chaude et humide, plus élevée que la normale, n’a pas aidé à diminuer l’intensité de la tempête.
Des vents violents pouvant atteindre jusqu’à 100 km/h et de fortes pluies ont laissé des traces bien mineures dans les circonstances. Malheureusement, le soulagement de la population est terni par la mort d’un homme de 54 ans.
Le corps inanimé de Johnny Mitchell fils a été repêché à Blind Bay, au sud-ouest d’Halifax. Ce dernier se serait noyé en tentant de fixer les amarres d’un bateau. Son gilet de flottaison n’a pas permis de le sauver.
La trajectoire d’Earl est demeurée plutôt imprévisible. La plupart des spécialistes attendaient le mauvais temps au sud-ouest, à Digby ou Yarmouth. La tempête aurait finalement touché terre près de Lunenburg, de l’autre côté de la péninsule. Une équipe du Journal de Québec a parcouru quelque 800 kilomètres le long des côtes, de Pubnico à Bridgewater. Les routes au sud de la Nouvelle-Écosse étaient complètement désertes tôt samedi matin. En mode attente, les gens ont sagement choisi de demeurer à la maison, évitant des incidents inutiles. En moins de trois heures, les intempéries ont pris fin et quelques éclaircies ont commencé à apparaître même si les vents continuaient de souffler avec vigueur toute la journée.
Peu de dégâts majeurs
Le pire a vraisemblablement été évité. Toute la partie sud de la péninsule a été relativement épargnée. Outre la végétation jetée au sol, aucun bris important n’a été rapporté sur les bâtiments. «Heureusement pour nous», a mentionné Billy Tanner, en faisant le tour de sa propriété.
Les services d’urgence n’ont pas signalé d’incidents majeurs. Aucune tragédie routière n’a été rapportée.
Plusieurs pannes électriques majeures ont ennuyé les citoyens et les commerçants, qui voulaient ouvrir leurs établissements. Quelques restaurants et bars prévoyaient accueillir des clients en soirée, samedi, même si les touristes ont déserté les lieux. «Ce sera très tranquille, un peu trop!» a mentionné une aubergiste d’origine allemande. Bien visibles, les techniciens de Nova Scotia Power travaillaient d’arrache-pied à proximité.
«Il n’y a rien eu de dramatique. Pas nécessaire de se barricader», ont dit Winnifred McCarthy et Judi Cleveland, qui ont enfilé leur imperméable pour se promener près de Broad River. «Nous sommes habitués», a dit Ralph Smith.
Vacances annulées
Les avertissements météorologiques auront fait mal à l’économie locale, souvent fragile. Aux abords des plages, quelques amateurs de surf et de surf cerf-volant ont bravé le mauvais temps. À Sommerville, d’énormes vagues d’une dizaine de mètres se fracassaient toujours contre les rochers.
Les chalets en location, habituellement occupés pendant le congé de la fête du Travail, étaient peu achalandés. «Ce n’est pas assez pour nous empêcher de nous amuser un peu sur la plage. Le plus fort est passé», a dit Terry en enlevant sa combinaison de planchiste. Quelques amateurs de sensations fortes ont fait la sourde oreille aux messages de prudence. À Liverpool, seul un père de famille se promenait, pieds nus, avec sa fille.
En soirée, à Digby, les milliers de motocyclistes du rassemblement Wharf Rat Rally étaient de retour dans les rues et la fête avait repris.
Earl a aussi sévi, samedi, au Nouveau-Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard, ainsi qu’aux îles-de-la-Madeleine.