MONTRÉAL - Le premier «Sommet sur la biodiversité et le verdissement de Montréal» s’est ouvert mardi sur un inquiétant constat pour les écologistes: La Ville et ses citoyens sont en retard sur d’autres métropoles au niveau de la biodiversité en milieu urbain.
Jusqu’à mercredi soir, plus de 250 intervenants locaux et internationaux, qu’ils soient experts, politiciens ou représentants d’entreprises, vont échanger sur les moyens à prendre pour protéger les espaces verts de l’Île et en créer de nouveaux.
«Montréal a une chance extraordinaire au niveau du patrimoine naturel. On a la montagne, les rives, les boisés, qui constituent de grandes richesses. Là où on est moins avancé, c’est au niveau du verdissement des quartiers urbains plus densément peuplés», explique Coralie Deny, directrice générale du Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal.
«Toronto, par exemple, a un vaste programme de verdissement de ses stationnements. À Londres, ils ont mis en place un système de ponts verts pour relier entre eux les espaces naturels. Au niveau des toits verts, on est encore très loin par rapport à Chicago», décrit-elle.
Stationnements verts
Son organisation, à qui on doit l’initiative du sommet, a recensé les efforts faits pour verdir les milieux urbains au cours des cinq dernières années.
Conclusion: «L’information est difficile à obtenir, et on a pas un portrait clair des efforts qui ont été faits. Pourtant, un tel portrait serait un incitatif au verdissement, ça montrerait ce qu’il reste à améliorer».
Parmi les initiatives qui germent ici et là en ville, on compte 79 ruelles vertes, des toits verts aménagés sur une centaine d’édifices, et cinq «stationnements verts», qui font une place de choix aux arbres et à la végétation.
Règlementation à revoir
Selon Jean-François Girard, avocat et président du Centre québécois du droit de l’environnement, les villes gagneraient à préserver la biodiversité en mettant en place une règlementation plus sévère auprès des propriétaires.
«Les municipalités peuvent modifier la réglementation sur le zonage pour respecter l’environnement, même si le droit à la propriété ou la valeur économique d’un terrain sont affectés», dit-il, avant de citer des exemples de jurisprudence.
«Ce n’est pas un problème d’outils ou de droit, c’est un problème de volonté (pour les villes)», croit l’avocat.
Aux citoyens de s’impliquer
Néanmoins, souligne Coralie Deny, la sauvegarde de la biodiversité ne concerne pas uniquement les administrations municipales.
«Il faut absolument que les efforts proviennent aussi des propriétaires de terrains privés, sinon on aurait seulement de la verdure sur les rues ou dans les parcs», remarque-t-elle.
Alan DeSousa, le responsable du développement durable, de l’environnement et des parcs à la ville de Montréal, abonde dans le même sens.
«Notre administration fait beaucoup d’efforts pour réintroduire la biodiversité en milieux urbains, mais on ne peut pas être partout. Notre nouvelle approche consiste à outiller les organismes et les entreprises privées pour qu’ils investissement dans leur milieu», a-t-il dit lors d’une allocution aux participants.
La Ville doit présenter son plan de développement durable 2010-2015 au cours des prochains mois.