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Mine à ciel ouvert à Malartic

Doit-on remplir le trou?

Agence QMI 
David Prince
20/03/2010 14h01 
Mine à ciel ouvert à Malartic - Doit-on remplir le trou?
 
© Archives Agence QMI

ROUYN - Place aux choses sérieuses lors de la deuxième journée du Forum sur l’industrie minière en Abitibi-Témiscamingue. Le débat s’est transporté sur la fin des activités minières et ce qu'elles laissent en région, un sujet sensible au nord-ouest de la province.

Plusieurs citoyens ont demandé samedi matin que la mine Osisko, devrait remplir sa fausse une fois que la mine ne sera plus en activité. On estime que remplir la fausse d’Osisko coûterait quelque 150 M$, soit 10 % des profits projetés de la mine au prix actuel de l’or. «Ça créerait de l’emploi pendant huit années supplémentaires», a précisé Donald Rheault, de la CSN.

Actuellement, la loi indique que les compagnies peuvent remplir leur fausse si c’est économiquement viable et techniquement réalisable. Mais il n’y a aucune obligation. «À mon avis, prendre 10 % des profits, c’est pas trop demander. Et techniquement, remplir un trou, c’est pas ce qui est le plus compliqué», a mentionné le président de l’Action boréale, Henry Jacob.

Le maire de Malartic, André Vezeau, a indiqué qu’il y a peut-être mieux à faire de l’immense montagne que créera la minière Osisko. « La montagne sera une fois et demie plus haute que le mont Vidéo. Pourquoi ne pas en faire un centre de ski? Ça, ce sera durable», a-t-il suggéré.

Payer la restauration

Un consensus semble émerger parmi tous les participants. Les compagnies doivent payer 100 % de la restauration minière. Actuellement, elles doivent injecter 70 % dans un fonds pendant la durée de la mine. Mais si la mine déclare faillite, la restauration sera encore à la charge du gouvernement. Tous s’entendent que de telles situations ne doivent plus arriver.

Mais là où l’on ne s’entend pas, c’est sur ce qu’il faut restaurer. «À mon avis, 100 % de restauration, ça veut dire qu’une fois que la mine est partie, ça ne paraît plus. Là, on sera pris avec des kilomètres de trous, même si on parle de restauration», a indiqué le président de Nature Québec, Christian Simard.

Un des dirigeants de la minière Osisko, Bryan Coates, a tendu la main aux écologistes. «Nous avons un siège pour les gens d’environnement sur notre comité de suivi et il n’est pas comblé», a-t-il rappelé. La réponse de Henry Jacob a été: «Aidez-nous à avoir un débat public sur les mines à ciel ouvert. Après, on pourra collaborer», a-t-il indiqué.

Un représentant de l’industrie minière, Jean-Claude Belles-Isles, a mentionné que plusieurs points rapprochent mines et écologistes. «M. Jacob a dit qu’il n’était pas contre les mines, nous non plus. Il a dit qu’il ne voulait plus de sites orphelins, nous non plus», a-t-il indiqué. Il a également rappelé que l’expertise laissée par l’industrie minière en région est durable.

Ce forum sur le développement minier est organisé par la Conférence régionale des élus de l’Abitibi-Témiscamingue. Il souhaite créer un consensus régional qui sera présenté le 12 mai lors de la Commission parlementaire sur la nouvelle loi sur les mines.



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