OTTAWA - Le gouvernement fédéral a augmenté les quotas pour la chasse au phoque du Groenland dans l’Atlantique, provoquant du coup la colère des groupes de défense des animaux qui ont taxé ce geste « d’imprudent ».
Pour 2010, les prises totales de phoque autorisées s’établiront donc à 330 000 sur une population estimée à 6,9 millions de têtes, a déclaré la ministre des Pêches et Océans, Gail Shea.
La ministre a également annoncé la levée de l’interdiction de chasser le phoque pour utilisation personnelle. Les Canadiens des régions côtières qui sont munis d’un permis auront donc le droit de chasser jusqu’à un maximum de six phoques à chaque saison pour usage personnel.
Les méthodes d’abattage réglementaires devront toutefois être respectées, a signalé la ministre, de même que les conditions de permis exigées par le ministère.
«Ce gouvernement accorde son soutien unanime aux milliers de chasseurs de phoque canadiens des régions côtières qui dépendent de la chasse au phoque pour assurer leur subsistance, a lancé la ministre. La chasse au phoque est une activité durable qui s'appuie sur des principes de conservation rigoureux.»
Cette décision a suscité l’ire du groupe Humane Society International Canada. Selon la directrice, Rebecca Aldworth, l’augmentation des prises de phoques fait fi des données scientifiques et de la volonté du public, surtout que la fonte des glaces menace la survie des phoques.
«Nous pensons que c’est irresponsable de la part du gouvernement fédéral, mais cela reflète une longue tradition de mauvaise gestion des espèces marines au sein du ministère des Pêches et Océans», a-t-elle déploré.
Qui plus est, ce geste ternit la réputation du gouvernement canadien à l’étranger, a poursuivi Mme Aldworth.
Le nombre total de prises de phoques gris ne changera pas pour 2010: 50 000 têtes. Pour ce qui est des phoques à capuchon, les chasseurs auront droit comme l’an dernier à 8200 têtes.