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Changements climatiques

Les conservateurs prennent leurs distances face à Bernier

Agence QMI 
24/02/2010 19h49 
Changements climatiques - Les conservateurs prennent leurs distances face à Bernier
Stephen Harper et son ancien ministre, Maxime Bernier. 
© Agence QMI - Archives

OTTAWA – Le gouvernement fédéral a pris ses distances, mercredi, face aux déclarations de l’ancien ministre conservateur, Maxime Bernier, qui a remis en question les théories reliées aux changements climatiques dans un quotidien montréalais.

M. Bernier, ex-ministre des Affaires extérieures a cependant soutenu qu’il ne faisait que louer la position de son gouvernement dans ce dossier.

Dans une lettre ouverte à La Presse, il a écrit qu’il n’y avait aucun consensus scientifique au sujet des changements climatiques, mentionnant également les «nombreuses erreurs» commises par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui a dû récemment s’excuser des informations erronées qui se sont glissées dans son rapport sur la fonte des glaciers de l’Himalaya.

«En s’informant sur les différents aspects de la question, on se rend compte qu’il est possible d’être «sceptique», ou en tout cas de garder l’esprit ouvert, sur à peu près tous les aspects cruciaux de la théorie du réchauffement, a écrit M. Bernier. Ce qui est certain, c’est qu’il serait irresponsable de dépenser des milliards de dollars et d’imposer une réglementation exagérément sévère pour régler un problème dont on est toujours loin de cerner la gravité.»

Initiative personnelle

Interviewé à ce sujet, M. Bernier a soutenu que cette lettre venait d’une initiative personnelle et qu’il ne l’avait pas soumise au bureau du premier ministre, bien qu’il soit fier du travail accompli par son gouvernement dans ce dossier.

«En tant que conservateur, je défends la position adoptée par notre gouvernement, a-t-il dit. Je ne crois pas qu’une lettre qui le félicite va le mettre en colère.»

Le bureau du premier ministre a refusé de faire tout commentaire à cet égard. Mais le ministre de l’Environnement, Jim Prentice, a indiqué lors d’une entrevue sur les ondes de la CBC, réalisée à partir de Washington, que M. Bernier ne l’avait pas consulté avant d’envoyer sa lettre à La Presse.

«Maxime a exposé ici ses idées personnelles. Je le respecte, mais ce n’est pas l’opinion du gouvernement du Canada, a-t-il répliqué. La position gouvernementale est plutôt claire: nous sommes inquiets de l’accumulation du carbone dans l’atmosphère. Comme toutes les grandes démocraties industrielles, nous agissons. C’est pourquoi nous avons signé l’accord de Copenhague, c’est pourquoi nous avons adopté une approche très ciblée en termes de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre», a mentionné M. Prentice.

Les critiques de l’opposition souhaitent que le gouvernement désavoue les propos de M. Bernier. Le premier ministre Stephen Harper a démis M. Bernier de ses fonctions ministérielles en mai 2008, après que ce dernier eut admis qu’il avait oublié des documents secrets à la demeure de sa petite amie.

Mais durant une visite dans le comté de M. Bernier l’automne dernier, M. Harper avait qualifié celui-ci de «grand ami et membre important de mon équipe», laissant place aux spéculations voulant que M. Bernier se retrouve au sein du cabinet après un remaniement ministériel. Mais cette situation ne s’est pas concrétisée et M. Bernier a continué de siéger à titre de député d’arrière-banc.



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