Déboisement le long de la route 167

Chibougamau - Déboisement le long de la route 167

Des citoyens contestent les travaux et veulent faire cesser la coupe à blanc.

Sylvain Martin

CHIBOUGAMAU - Le ministère des Transports procède à la coupe des arbres le long de la route 167 jusqu'aux portes de la ville de Chibougamau pour une question de sécurité routière. Des citoyens contestent les travaux et veulent faire cesser la coupe à blanc.

Des trouées pratiquées le long de la 167 près du lac aux Dorés a interpellé Luc Leblanc, un résident du Lac aux Dorés. «Avec plusieurs résidents nous pensions que c'était pour un tracé de motoneiges. Maintenant, nous apprenons que le ministère des Transports bûchera tout le long de la route 167 jusqu'à Chibougamau. C'est inadmissible!» affirme Monsieur Leblanc.

Ces travaux sous la supervision du ministère des Transports consistent à abattre les arbres le long de la route pour en faciliter l'entretien et pour accélérer la fonte de la neige et de la glace. Or, Luc Leblanc réfute ces affirmations. «Je roule sur cette route régulièrement et les arbres n'empêchent pas le soleil d'atteindre la route. De toute façon, l'angle du soleil augmente suffisamment en mars pour que les arbres ne soient pas un facteur de sécurité. Même que les arbres diminuent le vent comparativement à la zone située entre le chemin Campbell et l'entrée de la ville.»

Panorama défiguré

L'abattage des arbres le long de la 167 risque d'offrir un panorama désolant pour les éventuels utilisateurs de la route.

«Il faut se rendre compte que le coup d'œil lunaire du paysage persistera pendant 60 ans! Il faut que la ville de Chibougamau soit conséquente avec elle-même. Si on veut attirer des touristes dans le coin, ce n'est sûrement pas en rasant les côtés de la route et en offrant un paysage aussi désolant que celui qui prévaut le long des routes 167 et 113», laisse tomber Luc Leblanc.

Celui-ci rappelle que la lisière de forêt qui sera abattue s'ajoutera, du côté ouest à un autre secteur de coupe, repoussant encore plus loin la forêt.

Du côté du ministère des Transports, on insiste que les travaux ont été soumis aux représentants de la ville de Chibougamau qui ont déterminé les endroits à déboiser.

«Le déboisement ne sera pas intégral et uniforme. Il y aura des secteurs qui seront déboisés et d'autres qui seront préservés. Ces travaux ont débuté en 2009 et se poursuivent en 2010. Le peu de neige permet aux travailleurs d'abaisser leur scie le plus bas possible, assurant ainsi un coup d'œil plus agréable», a confié Charles Roy, du ministère des Transports.

Les terrains qui ceinturent la route 167 du kilomètre 225 jusqu'au chemin Campbell sont la propriété du Ministère des Ressources naturelles, à qui revient le dernier mot même si la ville de Chibougamau a été consultée.

Luc Leblanc ne démord pas. «Déjà que l'entrée de la ville est plutôt moche esthétiquement parlant, qu'est-ce que ça va être une fois que toute la route sera complètement dégagée? Ce n'est pas très logique avec une vision d'urbanisme et une approche touristique», de conclure Monsieur Leblanc, sous le choc d'un tel manque de vision de la part des divers intervenants dans ce dossier.


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