Le Canada pointé du doigt

Sommet de Copenhague - Le Canada pointé du doigt

Dans les rues d'Ottawa, une publicité dénonçait les politiques environnementales du gouvernement de Stephen Harper.© LA PRESSE CANADIENNE/Adrian Wyld


Peter Zimonjic

Alors que la conférence internationale sur les changements climatiques commence à Copenhague, le gouvernement conservateur est attaqué au pays et à l’étranger pour son bilan environnemental.

«Ils nous qualifient d’état pétrolier corrompu, a scandé le chef néo-démocrate Jack Layton à la Chambre des communes, lundi. Notre réputation internationale est à son plus bas parce que nos émissions augmentent plus vite que celles de pratiquement tous les autres pays du globe.»

À l’extérieur du Parlement, des manifestants ont qualifié le premier ministre Stephen Harper de «criminel climatique», alors qu’au Danemark, le Canada a reçu le premier prix «Fossile du jour», décerné par un groupe de 400 ONG au pays qui en fait le plus pour bloquer les progrès des pourparlers.

Le Canada est l’un des 192 pays qui sont réunis dans la capitale danoise pour tenter d’en arriver à une entente en vue de remplacer le Protocole de Kyoto lorsqu’il arrivera à terme, à la fin 2012.

Le Canada promet de réduire ses émissions de 20% sous les niveaux de 2006, un objectif similaire à celui des Américains, qui ont promis de réduire leurs émissions de 17% sous les niveaux de 2005 d’ici 2020.

Même objectifs, huit ans de plus

Le plan conservateur vise à harmoniser les politiques de changements climatiques canadiennes avec celles des États-Unis, sans tenir compte de ce qui sera décidé à Copenhague. Cependant, cette position a été accueillie avec mépris. Selon ses détracteurs, cela signifie que le Canada en ferait seulement la moitié de ce qu’il avait promis en ratifiant l’accord de Kyoto, mais qu’il prendrait huit ans de plus pour y arriver.

D’après un sondage Harris-Decima diffusé lundi, 81 % des Canadiens souhaitent que le Canada agisse indépendamment des États-Unis à Copenhague. Mais il y a peu de chance que le Canada cède. Michael Martin, le négociateur canadien en chef sur le climat, a mentionné lundi que «le Canada ne propose pas de changer ses cibles d’émissions pour 2020».

Le ministre de l’Environnement, Jim Prentice, a également été prompt à rejeter les critiques, insistant sur le fait que le Canada était «un joueur constructif à la table des changements climatiques». Le pays fera sa juste part, a-t-il assuré, compte tenu du fait que le pays n’émet que 2 % des gaz à effet de serre produits dans le monde.


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