Des craintes subsistent

Ruée vers l'or en Abitibi - Des craintes subsistent

La nouvelle ruée vers l'or ne se fera pas sans impact sur l'environnement.© Journal de Montréal/Sébastien Ménard

Sébastien Ménard
Le Journal de Montréal

La nouvelle ruée vers l'or que vit la petite ville de Malartic, en Abitibi, ne se fera pas sans impact sur l'environnement. Pour extraire un seul gramme du précieux métal, il faudra traiter pas moins d'une tonne de roche.

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L'opération, qui nécessitera l'utilisation de cyanure et de chaux, générera de la poussière, en plus de provoquer du bruit et des vibrations qui pourraient être ressenties dans la ville de Malartic pendant les 10 ans d'activité de la mine.

C'est sans compter les risques d'érosion des sols, de contamination des eaux, de disparition de la végétation et de perte d'habitat pour la faune, qui sont précisés dans un avis déposé au ministère de l'Environnement.

Les bonnes nouvelles économiques qui accompagnent l'arrivée de cette mine n'apaisent pas toutes les inquiétudes environnementales de certains résidants.

Plusieurs ont confié au Journal conserver des craintes à l'égard du projet, malgré les pro-messes d'Osisko, qui se définit comme une minière de «nouvelle génération.»

«Notre secteur d'activité a changé, assure le président de l'entreprise, Sean Roosen. Les minières de nouvelle génération comme la nôtre sont très conscientes de l'environnement. On se prend pour des environnementalistes nous aussi et on veut être certain [d'être plus performants que les normes exigées par le gouvernement].»

Au printemps dernier, avant que Québec donne son aval au projet, des manifestations d'écologistes avaient été organisées dans la municipalité.

La situation s'est calmée depuis, assure le maire de Malartic, André Vezeau.

«C'est normal que les gens s'inquiètent, c'est correct», dit le directeur de la future usine d'Osisko, Denis Cimon, qui a accepté de répondre à nos questions.

CYANURE Q: Faut-il craindre l'utilisation de produits comme le cyanure, dans votre mine. Est-ce dangereux?

R: Oui, c'est dangereux. Mais l'eau de Javel qu'on a chez nous aussi... La quasi-totalité des mines d'or de la planète utilisent du cyanure pour extraire l'or.

BRUIT

Q: Avez-vous pris des mesures pour limiter le bruit?

R: Nous allons utiliser des équipements plus modernes et dont les tuyaux d'échappement et les avertisseurs de recul feront moins de bruit. Le concasseur giratoire [où sera écrasé le minerai] était une grosse crainte. Il sera dans le sol et sera donc moins bruyant. Et, comme le son voyage avec l'air, le mur vert [qui sera construit entre la ville et la mine diminuera le bruit.]

POUSSIÈRE

Q: Qu'allez-vous faire pour réduire la diffusion de poussières dans l'air?

R: Notre pile à minerai va être couverte. La génération de poussières sera donc moins importante. Et, encore une fois, le mur vert bloquera le vent.

D'ailleurs, les gens nous demandent souvent pourquoi on ne creuse pas plutôt une mine souterraine. C'est parce qu'avec le genre de gisement qu'on a, la question ne se pose pas. [L'or est présent en grande quantité], mais à faible teneur.

La région est trouée comme un fromage gruyère parce que tout le monde a fait de l'exploration. À l'époque, on ne cherchait pas un gisement comme celui-là. Les techniques étaient différentes.

VIBRATIONS

Q: Comment contrôlerez-vous les vibrations qui pourraient être ressenties?

R: Nous n'utiliserons pas le même genre de foreuse quand nous serons près de la ville. Les foreuses seront alors plus petites. Ce qui fait que ça vibre, également, c'est l'instantanéité des charges d'explosifs. Plusieurs petites décharges n'ont pas le même impact qu'une grosse décharge.


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