Offensive pour éloigner la rage du raton laveur

Faune

Comment reconnaître un raton enragé? «C'est un peu comme un comportement de gars saoul» illustre le biologiste Pierre Canac-Marquis. © Journal de Montréal

Dany Doucet
Le Journal de Montréal

BROMONT | Des vaccins contre la rage du raton laveur seront dispersés pour la première fois cet été dans les grands parcs de Montréal pour éviter que cette maladie n'atteigne la métropole. Un plan d'urgence a aussi été préparé au cas où ces efforts seraient vains.

Le ministère de la Faune du Québec débarquera sur le Mont-Royal et les grands parcs de Montréal, le mois prochain, pour y répandre le même vaccin qu'il distribue depuis maintenant trois ans dans les forêts voisines de la frontière américaine.

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Ces pastilles médicamentées et sucrées seront déposées à la main dans les forêts, les boisés et sur le bord des cours d'eau montréalais fréquentés par les ratons laveurs urbains, beaucoup plus nombreux qu'on le croit.

Les ratons laveurs de Montréal n'ont pas la rage. Et c'est d'ailleurs ce que le gouvernement du Québec veut à tout prix éviter.

«Si jamais la rage se répandait chez les ratons laveur de Montréal, les coûts pour la santé publique exploseraient», résume Pierre Canac-Marquis, biologiste au ministère des Ressources naturelles et de la Faune.

Moins cher de prévenir que de guérir

Autrement dit, il en coûterait beaucoup plus cher pour faire vacciner les animaux domestiques et même une partie de la population que les 3,5 M$ que coûte la campagne d'épandage de vaccins actuelle, que ce soit à la main ou par avion, à laquelle une trentaine de personnes participent depuis le début de la semaine.

Cela explique pourquoi autant d'efforts sont déployés depuis quelques années en Estrie et sur la Rive-Sud pour dresser un mur contre les cas de rage qui nous proviennent de l'autre côté de la frontière canado-américaine.

Aucun cas de rage n'a encore traversé la rivière Richelieu. Le cas le plus rapproché de Montréal a été observé à La Prairie.

Aux États-Unis, les villes de New York et de Philadelphie ont été touchées par des cas de rage du raton laveur.

Plan d'urgence pour Montréal

Le ministère de la Faune vient de terminer son plan d'urgence au cas où un cas de rage atteindrait l'île de Montréal.

Si jamais un raton laveur infecté était découvert, une équipe de trappeurs se mettrait à l'ouvrage pour piéger tous les spécimens à deux kilomètres à la ronde, afin de les faire euthanasier.

Ensuite, il est prévu de louer une grande surface, un aréna ou un centre sportif par exemple, pour y inviter la population à venir y faire vacciner leurs chiens et leurs chats.

Quand la rage est traitée avant d'occasionner des symptômes, il n'y a pas de danger pour la santé. Le problème le plus sournois survient si des animaux de compagnie sont mordus et ont par la suite des contacts avec des humains.

«La rage se transmet par la salive et un chien ou un chat qui lèche une personne pourrait théoriquement transmettre la maladie», explique Pierre Canac-Marquis.

Le premier cas de rage du raton laveur a été découvert en 2006 sur les terres du vignoble L'Orpailleur, à Dunham.

La campagne d'épandage sur les parcs du Mont-Royal, de Cap-Saint-Jacques et de l'Île-Bizard aura lieu à la mi-septembre. Les biologistes ont déjà procédé à l'épandage au Parc Jean-Drapeau, à l'Île des Soeurs et dans les îles de Boucherville, notamment.


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