Depuis le début du week-end, le secteur lac Noir du lac Aylmer, à Disraéli dans Chaudière-Appalaches, et la plage O'Brien aux abords du lac Meech, à Chelsea en Outaouais, sont interdits d'accès. C'est la première fois que deux plans d'eau sont fermés en même temps, cet été. Des algues bleues ont aussi été repérées sur d'autres lacs, mais le ministère de l'Environnement refuse de les identifier, puisqu'ils ne présentent pas de «risques pour la santé».
«Un tapis vert fluo plein de pois»
Le lac Aylmer, dans sa portion nommée lac Noir, est le premier à être complètement fermé à cause des algues bleu-vert cette saison, indique Luc Berthiaume, du ministère de l'Environnement. Les citoyens doivent éviter d'entrer en contact avec l'eau depuis que des cyanobactéries y ont été observées, dit Frédéric Fournier, de la direction régionale du Ministère.
Selon la Santé publique, les toxines libérées par les algues bleu-vert peuvent causer des nausées et des vomissements, notamment (voir encadré).
Sur le lac Meech, la situation vise le secteur champêtre de la plage O'Brien. Il est interdit de s'y baigner depuis vendredi, alors qu'une surveillante y a observé une forte concentration de cyanobactéries. «C'était un tapis vert fluo avec plein de petits pois», a raconté au Journal la jeune employée, qui a requis l'anonymat.
La plage O'Brien est la deuxième à être fermée cette saison, indique Luc Berthiaume, du ministère de l'Environnement.
Au début de la saison estivale, une autre plage, sur le lac Waterloo en Montérégie, avait subi le même sort. M. Berthiaume rappelle qu'à pareille date, l'an dernier, sept plans d'eau étaient interdits d'accès dans la province.
Fortes pluies
Avec la chaleur que connaît le Québec, le nombre de lacs fermés à cause des cyanobactéries pourrait augmenter.
La coordonnatrice du développement durable de Chelsea, Rachel Deslauriers, estime d'ailleurs que ce sont «les grandes chaleurs», jumelées aux fortes pluies de juillet, qui expliquent l'apparition soudaine d'algues bleues sur le lac Meech.
«Les pluies ont fait en sorte que des sédiments de l'environnement se sont retrouvés dans les lacs», dit Mme Deslauriers, qui détient une maîtrise en environnement. Ce faisant, ils ont servi à nourrir les cyanobactéries, qui se sont multipliées avec la hausse des températures.
Rachel Deslauriers ne croit pas que les fosses septiques des riverains, souvent pointées du doigt en pareille circonstance, soient en cause. Ces équipements ont tous été inspectés en mai et aucun ne présentait d'anomalie,souligne-t-elle.
Le ministère de l'Environnement reconnaît aussi que la hausse des températures «peut avoir aidé» les algues bleues à se multiplier. «Mais ce n'est pas nécessairement la seule raison», dit Luc Berthiaume.
Des analyses ont été effectuées par le ministère Environnement, hier, pour déterminer si la plage
O'Brien pourra rouvrir. Une expertise semblable sera effectuée sur le lac Aylmer cette semaine.