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Après 30 000km à vélo

Un prof sonne l'alarme

Sébastien Ménard
Le Journal de Montréal
04/06/2009 09h35 - Mise à jour 05/06/2009 10h21

Après 30 000km à vélo - Un prof sonne l'alarme
De passage en Azerbaïdjan, Benoit Tousignant s’arrête en bordure de cette flaque de pétrole. «Les gens vivent au travers des puits de pétrole. C’est affreux et ça sent très mauvais », dit-il.  
© LE JOURNAL

Un prof d'informatique de la Montérégie qui vient de parcourir plus de 30 000 kilomètres à vélo rentrera chez lui, lundi, avec «un message d'urgence» qu'il souhaite transmettre à tous les élèves du Québec: notre planète est malade et il faudra «plus que des petits gestes» pour la guérir.

Au cours des 15 derniers mois, Benoit Tousignant s'est rendu dans une vingtaine de pays sur quatre continents. Il s'est essentiellement déplacé à vélo et a dormi la plupart du temps dans une tente.

Le prof de 42 ans, qui enseigne à l'École secondaire Soulanges de Saint-Polycarpe, avoue que ce périple était à la base un rêve qu'il caressait depuis qu'il était petit garçon.

Le célibataire s'y était d'ailleurs préparé activement durant sept ans, en effectuant plusieurs voyages à vélo dans les Alpes, ainsi qu'en Roumanie, avant de quitter le Québec le 10 avril 2008.

Découragé

Benoit Tousignant s'était aussi donné pour mission de «changer le monde, un coup de pédale à la fois.» Ce slogan signifiait qu'il souhaitait faire découvrir aux jeunes «des merveilles du monde», afin de leur «donner le goût de le protéger.»

«Mais après avoir vu la planète, j'ai un sentiment d'urgence, confie l'enseignant, originaire de Montréal. Je pense que des petits gestes, ce n'est peut-être plus assez.»

«Dans tous les pays où je suis allé, j'étais toujours découragé par ce que je voyais», dit Benoit Tousignant.

Le prof raconte que lors de son passage en Malaisie, en pleine saison de la mousson, il s'est passé toute une semaine sans qu'une seule goutte de pluie n'arrose les champs de riz. Benoit Tousignant y voit un effet tangible des changements climatiques.

«Ce n'est pas normal, dit-il. Ils ont subi une grosse perte de riz, là-bas, à cause de la saison sèche. Les récoltes ont pourri dans les champs.»

Il veut donner des conférences

L'enseignant a visité presque toutes les provinces canadiennes, à l'exception de Terre-Neuve.

Partout, il s'est arrêté dans des écoles où il a demandé à des élèves d'écrire au premier ministre, pour lui proposer une solution qui pourrait s'appliquer dans leur communauté.

Il a ainsi recueilli quelque 13 000 lettres qui seront remises à Stephen Harper demain.

Benoit Tousignant ne sait pas encore s'il recommencera à enseigner l'informatique en septembre prochain.

«J'ai encore du temps pour réfléchir, dit-il. Mon prochain rêve serait de donner des conférences dans les écoles.»

«Je ne veux pas que mon implication en environnement se termine avec la fin de mon voyage», indique-t-il.








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