L’impact du plastique sur la faune marine

L’île

Albatros sur une des plages côtières de l’île de déchets du Pacifique. (Photo de l’Algalita Marine Research Foundation, offerte par Marieta Francis) 


Virginie Roy

Les conséquences de l’île de déchets du Pacifique sont dramatiques. Poissons, tortues, oiseaux, nul n’est épargné. Et chaque année, la soupe de déchets continue d’envahir et d’étouffer le territoire de la faune marine faisant ainsi de plus en plus de victimes. Mais l’ironie suprême, c’est que cette masse de déchets flottants se trouve à seulement quelques kilomètres de la plus grande réserve marine au monde.

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«Si les images de cette vaste soupe de plastique sont choquantes, ce n’est pas cette pollution visuelle qui pose problème, mais l’impact sur la faune marine qui est dramatique», s’inquiète Greenpeace dans un rapport.

Les dommages

En effet, lors de son expédition «Défendons nos océans», des militants ainsi que des scientifiques de Greenpeace ont pu constater les dommages incontestables sur la faune marine de la pollution dans l’océan Pacifique.

«Lors des précédentes étapes de l'expédition, nous avons eu l'occasion de voir de nombreuses côtes couvertes de déchets en tous genres. Mais en pleine mer, le problème est de plus grande ampleur, et de nombreux animaux marins comme les tortues ou les albatros s'empêtrent dans les débris plastiques ou s'étouffent avec», expliquait Adam Walters, scientifique de Greenpeace, alors qu’il était à bord de l'Esperanza.

«Le danger que ces débris représentent pour la vie marine est connu depuis des années, mais l'ampleur du problème a été sous-estimée. Étant donné l'augmentation rapide de la consommation de plastique à travers le monde, les déchets plastiques sont devenus omniprésents dans les océans», avait-il averti.

Les déchets

Les déchets que l’on retrouve dans les océans posent des problèmes environnementaux à cause de leur hétérogénéité, de leur solidité, de leur composition, de leur taille, de leur visibilité et de leur durabilité.

«Les gros morceaux de déchets, comme les bouteilles de plastique ou les filets de pêche, ont des effets directs sur les animaux. Ils peuvent les couper ou les étrangler. Des photos ont démontré que des oiseaux, particulièrement les albatros, des tortues et même des baleines, peuvent être affectés à très long terme par ces débris», explique David Santillo, membre du groupe de recherche de Greenpeace International, basé à l’Université de Exeter, en Angleterre.

Mais ces déchets flottants, avec l’effet du sel, des ultraviolets, des mouvements de l’eau, ont une tendance naturelle, après quelques années, à se fragmenter en des millions de morceaux parfois de taille microscopique. Ces détritus risquent donc d’être ingérés par les oiseaux marins, des tortues de mer, des mammifères marins, des poissons, des crustacés et des invertébrés affectant ensuite toute la chaîne alimentaire, jusqu’à l’homme.

«Ce qui rend la matière plastique si avantageuse pour nous consommateurs représente pour l'environnement marin un problème de taille. Les déchets plastiques ne se dégradent pas et sont souvent pris pour de la nourriture par les espèces animales, causant chaque année leur mort par centaines de milliers», ajoute Sébastien Pelletier, étudiant au doctorat en science géographique de l’Université Laval et ex-plongeur professionnel commercial.

En effet, l’impact des détritus une fois ingérés est multiple chez les animaux marins: blocage du processus de la digestion, ulcérations, dommage à la paroi stomacale, blessures, entrave aux mouvements et affaiblissement, qui entraînent souvent la mort.


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