Réunion au sommet à Rome

Agriculture durable - Réunion au sommet à Rome

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Virginie Roy

Une centaine d’experts de cinq continents sont présentement réunis à Rome afin de discuter de l’avenir du secteur de l’agriculture durable et de son financement grâce à certains dispositifs du Protocole de Kyoto. En effet, la FAO constate que seulement une petite partie de ces sommes sont allouées à l’agriculture alors que le secteur est un très grand générateur d’émissions de gaz à effet de serre.

En effet, les milliards de dollars recueillis chaque année grâce aux dispositions du Protocole de Kyoto relatives à ce qu’on a appelé le mécanisme de développement propre (MDP) ont pour objectif de financer des initiatives visant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre rejetées dans l’atmosphère.

Le MDP permet à un pays industrialisé de financer des projets permettant de réduire dans un pays du Sud ses émissions de gaz à effet de serre. En contrepartie, l’investisseur obtient des crédits d’émissions, ce qui aide les pays en développement à parvenir à un développement durable.

Or, alors que l’agriculture contribue à près de 30% des émissions de gaz à effet de serre de la planète, incluant le secteur de l’élevage intensif et les changements dans l’utilisation des terres, seulement une petite fraction de ces sommes est allouée à ce secteur.

La réunion, qui se termine demain à West Lafayette en Indiana, porte donc sur les moyens de faire profiter l’agriculture d’un marché mondial évalué à 12 milliards de dollars en 2007.

Pour une agriculture durable

Dans le cadre de cette réunion organisée conjointement par la FAO et le Centre d’information pour la conservation de la technologie, avec le soutien de la Convention-cadre des Nations Unies pour le changement climatique, plusieurs questions sont à l’ordre du jour afin de faire profiter davantage le secteur de l’agriculture.

Une des principales questions portera sur les projets agricoles qui devront, pour se qualifier pour le financement offert par le MDP, apporter des preuves scientifiquement mesurables de leur contribution à la réduction des gaz à effet de serre par rapport aux méthodes agricoles traditionnelles. Également, il faudra à l’avenir trouver les moyens d’assurer un monitorage fiable des résultats et de fixer des prix pour la séquestration du carbone qui soient attrayants pour les petits paysans.

«Utiliser le MDP pour promouvoir l’agriculture de conservation et d’autres systèmes d’intensification durable de la production dans les pays en développement pourrait représenter un stimulus important au développement», explique dans un communiqué Theodor Friedrich, expert à la FAO.

«Cela pourrait également améliorer la sécurité alimentaire tout en aidant la communauté mondiale dans son ensemble et les populations vulnérables en particulier à conjurer les menaces du changement climatique», conclut-il.


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