Greenpeace s’inquiète de la réélection de Stephen Harper

Élections 2008 - Greenpeace s’inquiète de la réélection de Stephen Harper

Susan Montoya Bryan / Associated Press


Virginie Roy

Alors que les Conservateurs du Premier ministre Stephen Harper ont remporté les élections législatives au Canada hier, Greenpeace s’est dit très inquiet aujourd’hui pour l’avenir du pays en matière de protection de l’environnement, et en particulier la lutte aux changements climatiques.

«Sous un gouvernement Harper, le Canada sera de plus en plus isolé au niveau international notamment lors des négociations sur l’application du protocole de Kyoto, l’après Kyoto, la biosécurité ou la protection de la biodiversité. Les changements de gouvernement en Australie, et peut-être bientôt aux États-Unis, feront du Canada le mouton noir de la politique verte au plan international», estime Éric Darier, directeur de Greenpeace au Québec.

En effet, rappelons que les Conservateurs ont remporté 143 sièges lors des élections 2008, qui se sont terminées hier tard en soirée, contre 127 dans la précédente assemblée. Ils formeront donc le troisième gouvernement minoritaire au Canada en quatre ans, puisqu’ils leur auraient fallu atteindre 155 sièges pour disposer de la majorité à la Chambre des communes.

Majoritaire pour l’environnement

Si la réélection de Stephen Harper n’est pas une bonne nouvelle pour Greenpeace, l’organisation reste toutefois optimiste pour l’avenir. En effet, Éric Darier rappelle que la majorité des électeurs au Canada a voté majoritairement pour des partis politiques qui faisaient de la lutte aux changements climatiques une priorité.

«Les partis d’opposition, majoritaires à la Chambre des communes, doivent maintenant s’unir pour que l’environnement et la lutte au réchauffement planétaire soient une priorité du gouvernement», juge toutefois M. Darier.

«On va espérer que le nouveau gouvernement Harper sache écouter la majorité des électeurs du pays, ainsi que la majorité des scientifiques, qui exigent que les gouvernements agissent vigoureusement et fassent de l’environnement une priorité.

Il va falloir appeler l’ensemble de la population à redoubler d’efforts pour la protection de l’environnement puisque ce sont souvent les mouvements populaires qui inspirent les gouvernements et amènent le changement politique, social et environnemental», ajoute-t-il.

Greenpeace a également tenu à souligner aujourd’hui qu’au Québec, le parti conservateur n’a pas obtenu plus de sièges et a reçu moins de votes qu’en 2006. Une bonne nouvelle qui ne doit toutefois être tenue pour acquis, selon M. Darier.

«Les gouvernements du Québec et des provinces, ainsi que les municipalités, doivent intensifier leurs efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en protégeant la biodiversité. Cette dernière est non seulement la source de toute vie, mais aussi notre meilleure garantie pour un développement économique et social qui soit véritablement écologiquement durable», conclut-il.


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