L'économie d'énergie plus payante

Jessica Nadeau
Le Journal de Montréal

«Produire des surplus d'énergie en construisant des nouveaux barrages c'est bien, mais économiser l'énergie déjà produite, c'est encore plus payant», estime un expert en énergie.

Le Québec nage dans les surplus en matière d'énergie. Pourquoi donc construire un nouveau barrage? demandent les environnementalistes. Surtout que le coût de production du kw/h pour la Romaine est estimé à 9,2 sous par Hydro- Québec, l'un des tarifs les plus coûteux du réseau dont la moyenne se situe à 2 sous.

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Projet nécessaire?

Selon Hydro-Québec, ces surplus sont dus à une conjoncture ponctuelle et le projet est nécessaire pour alimenter la demande à long terme des Québécois.

Or, pour Jean-François Blain, expert indépendant en énergie ayant déjà travaillé avec la Fondation Rivières, il s'agit d'un argument «qui ne tient pas la route».

«La filiale Hydro-Québec Production est obligée de fournir 179 terrawatts/heure par année aux Québécois. Elle n'a aucune obligation de fournir davantage et elle peut disposer de ses surplus comme elle l'entend», explique l'analyste.

Bénéfices pour tout le Québec

Hydro-Québec produit en ce moment 200 terrawatts/heure par année et sa capacité - de même que ses profits - augmente au fur et à mesure que les nouveaux projets autorisés comme Péribonka ou Eastman sont mis en oeuvre.

«Ces bénéfices - quelque 3 milliards l'an dernier - profitent à tous les Québécois. Mais d'autres options sont à considérer», estime l'expert, qui résume ainsi les propos que tenait Roy Dupuis sur la Romaine.

«L'énergie la plus payante à exporter, c'est celle que l'on consomme déjà, produite à 2 sous le kw/h, et que l'on pourrait économiser et revendre à 10 sous. Il faut donc viser l'économie d'énergie avant la surproduction», plaide Jean-François Blain.


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