Énergie verte, vraiment?

Rivière Romaine - Énergie verte, vraiment?

Hugo-Sébastien Aubert - Le Journal de Montréal

Jessica Nadeau
Le Journal de Montréal

On la dit verte et renouvelable. Mais l'hydro-électricité est loin d'être aussi propre qu'on le laisse entendre, estiment certains groupes environnementalistes.

«Dans les publicités d'Hydro-Québec, on voit de belles rivières bleues qui coulent à flots, mais la réalité, c'est qu'une rivière avec un barrage, c'est une rivière morte. Ce sont des rivières asséchées, des forêts inondées et du mercure qu'on devrait montrer dans ces pubs», se désole Anne-Marie Saint-Cerny, directrice de la Fondation Rivières.

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Selon elle, la fierté de plusieurs Québécois quant à la production hydroélectrique «verte» est une vieille réalité qu'il est grand temps de réviser.

«Les Québécois ont l'impression que c'est une énergie verte parce que cela a longtemps été le cas», affirme- t-elle tout en montant son campement sur une plage de sable après une rude journée à pagayer.

«Il y a 40 ans, c'était ce qu'il y avait de plus propre en comparaison avec le charbon ou le nucléaire. Mais aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Nous avons beaucoup d'autres options vertes comme l'éolien, le solaire ou la géothermie et il n'est plus nécessaire de détruire nos écosystèmes pour avoir de l'énergie.»

Écosystèmes et GES

La construction des barrages n'est pas sans entraîner des conséquences directes sur les écosystèmes.

Elle inonde des forêts, assèche d'autres parties, déplace des habitats et des frayères, réduit les débits naturels à la crue des eaux et modifie les quantités de sédiments nutritifs qui alimentent le Saint-Laurent.

L'un des principaux arguments mis de l'avant pour soutenir qu'il s'agit d'une énergie propre est la faible quantité de gaz à effet de serre qu'elle émet.

Le vent tourne

Mais des études indépendantes ont démontré que ces émissions peuvent être équivalentes dans certains cas à une centrale au charbon en libérant du méthane lors des inondations, plaident des environnementalistes.

Même aux États-Unis, où la majorité de l'hydro-électricité québécoise est exportée, on sent le vent tourner. En effet, de l'aveu même d'Hydro- Québec, le projet ne sera «vraisemblablement pas» admissible aux certificats d'Énergie renouvelable adoptés par nos voisins du Sud.

Certains médias américains, tel le New York Times, se lancent même dans une campagne pour dénoncer la solution «destructive» que représente l'hydro-électricité.

«Si les Américains arrêtent de nous acheter nos surplus, on va peut-être se rendre compte - trop tard - qu'on a harnaché une autre rivière pour rien», conclut Anne-Marie- Saint-Cerny.

Selon Hydro-Québec, l'hydro-électricité ne représente que 0,4% de toutes les émissions de GES au Québec.


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