Québec investit dans la séquestration géologique du carbone


Virginie Roy

Dans le but de trouver des solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du Québec, et ainsi lutter contre le changement climatique, une nouvelle chaire de recherche sur la séquestration géologique du dioxyde de carbone sera créée. La création de cette chaire de recherche est possible grâce à un investissement important du gouvernement du Québec, annoncé aujourd’hui.

En effet, cinq millions de dollars, répartis sur cinq ans, ont été octroyés à l’Institut national de recherche scientifique - Eau, Terre et Environnement (INRS-ETE). Cette somme, provenant du Fonds vert, a été annoncée aujourd’hui en conférence de presse par Line Beauchamp, ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, et Raymond Bachand, ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation et ministre du Tourisme.

«Les travaux de la chaire contribueront à développer l’expertise québécoise dans le domaine de la séquestration géologique du carbone et à préciser les potentiels d’application au Québec. Cette initiative, qui vise à diversifier les solutions à notre disposition, sera éventuellement complémentaire à nos efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre à la source», explique la ministre Beauchamp dans un communiqué.

Cette technologie consiste à emprisonner le dioxyde de carbone hors de l’atmosphère en le séquestrant dans un matériau ou un liquide. C’est un principe qui se base sur la séquestration naturelle du CO2 où le carbone est fixé dans les végétaux et les océans.

«La recherche et l'innovation contribuent à notre qualité de vie, notre croissance économique et notre progrès social. Pour assurer son développement et sa prospérité dans l'économie du savoir, le Québec doit absolument tirer parti de la production de connaissances. C'est pourquoi je me réjouis de la création de cette chaire de recherche, une initiative qui favorisera le développement durable du Québec et lui permettra de consolider sa position avantageuse sur le marché des technologies environnementales», ajoute M. Bachand.

Une technologie recommandée

Parmi les solutions répertoriées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour atténuer l’accumulation du CO2 dans l’atmosphère, les technologies de captage et de séquestration du CO2 (CSC) sont des plus prometteuses. Selon le groupe d’experts, ces technologies pourraient permettre d’atteindre jusqu’à 55 % des réductions requises afin de stabiliser les concentrations atmosphériques de CO2 au cours du 21e siècle.

Rappelons que le GIEC, qui œuvre sous l’égide de l’Organisation météorologique mondiale et du Programme des Nations Unies pour l’environnement, contribue à la mise en œuvre de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

«Nous faisons déjà de nombreux efforts et investissements pour augmenter la part des énergies renouvelables dans la production d'énergie et pour encourager les améliorations dans la conservation et le rendement énergétique des carburants fossiles. Par ailleurs, la confirmation du changement climatique mondial exige de prendre des mesures significatives afin de développer la séquestration du CO2. Les travaux de la chaire de recherche permettront au Québec d’acquérir les connaissances et l’expertise afin d’être en mesure de bien encadrer et d’évaluer les projets que nous soumettront les entreprises québécoises, de façon à qu’ils soient fiables et sécuritaires», conclut la ministre Beauchamp.


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